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SOSPorno.net sur CNEWS : « on leur propose de prier via notre chat’ ! »  

Notre passage sur CNEWS au sujet de l’addiction au porno. Regardez cet extrait !

Quelques rappels utiles

Pour rappel, les chiffres sont inquiétants : dès 12 ans, PLUS DE LA MOITIÉ des garçons français se rendent sur des sites porno chaque mois :

  • 21% des garçons de 10-11 ans
  • 51% des 12-13 ans
  • 59% des 14-15 ans
  • 65% des 16-17 ans

L’addiction au porno est donc devenue un problème majeur de santé publique, comme l’a souligné un récent rapport sénatorial intitulé Porno, l’enfer du décors.  Les témoignages d’anciennes actrices du porno confirment un véritable esclavage moderne qui répand la culture du viol (lire ce témoignage d’une actrice X). On parle désormais de proxénétisme 2.0., qui enrichit les fondateurs des plateformes, comme par exemple celui du 1er réseau social pornographique, tristement célèbre. Parallèlement, les premières poursuites judiciaires éclatent contre ces plateformes pour agressions sexuelles. De plus, dans notre société, un lien est établi entre les agressions sexuelles perpétrées par des mineurs qui sont dues à 50% à cette addiction, selon les chiffres des gouvernements espagnols et britanniques. En Europe et spécialement en France, un bras de fer a démarré entre les politiques soucieux de protéger les mineurs, l’Arcom, le gendarme des médias, et les principales plateformes de porno, qui espèrent ne pas perdre ainsi jusqu’à 20% de leur trafic. En effet, le marché des adolescents et mineurs est lucratif pour l’industrie du porno. Elle lui assure même un avenir.

Pourtant, il y a une bonne nouvelle : on peut en sortir !

Pourtant, il y a une bonne nouvelle : on peut en sortir ! Ce dont témoignent de nombreuses personnes sur notre plateforme, souvent avec l’aide d’un certain Carlo Acutis – dont il est aussi question dans cette émission – qui sera canonisé le 7 septembre prochain par le pape Léon XIV, pile le jour des 10 ans de notre association-mère ! Ainsi, par exemple, Agathe, Pierre, François, addict depuis plus de 25 ans… d’autres encore !

Et toi, qu’en penses-tu ? Viens en parler avec nous sur le chat’ ! 

Pour aller plus loin, découvre notre livre “Dire NON au porno” (version papier ou version numérique) 👉 Dire non au porno : conseils pratiques et spirituels

Prier pour être libéré du porno (vous pouvez demander de l’aide à un bénévole, s’ils sont disponibles sur le chat’) :

Deepfakes-pornographiques
Foire aux questions

Les deepfakes pornographiques, c’est quoi ?

Les deepfakes pornographiques sont des vidéos créées à l’aide de technologies d’intelligence artificielle (IA) capables de générer des images réalistes en remplaçant le visage ou le corps d’une personne par ceux d’une autre. Ce procédé repose sur des algorithmes avancés de machine learning, comme les réseaux adverses génératifs (GAN), qui apprennent à imiter l’apparence et les expressions faciales d’un individu à partir d’un ensemble de données, comme des photos ou des vidéos.

Il s’agit donc d’une fausse vidéo pornographique réalisée à partir d’un visage réel !

Fonctionnement des deepfakes pornographiques

La création de deepfakes pornographiques se fait en plusieurs étapes :

  1. Collecte des données : Les deepfakes pornographiques nécessitent des images ou des vidéos existantes de la personne cible, souvent accessibles via les réseaux sociaux. Attention à ce que vous postez !
  2. Création via l’IA : Les outils analysent les traits de la personne et les appliquent à une vidéo préexistante, généralement une scène pornographique.
  3. Résultat : Une vidéo dans laquelle la personne ciblée semble participer à des actes sexuels, bien qu’elle n’y ait jamais consenti, ni même ne puisse l’imaginer !

De graves conséquences

Les conséquences sont assez graves :

  1. Harcèlement : Les deepfakes pornographiques sont souvent utilisés pour humilier ou harceler des victimes, notamment des femmes, via les réseaux sociaux privés (groupe What’s app par exemple) ou publics, pouvant ainsi leur donner une caisse de résonance, voire même générer un bad buzz.
  2. Atteinte à la vie privée : Ces vidéos violent le droit à l’image et la dignité des personnes concernées.
  3. Réputation détruite : Une fois diffusées en ligne, ces vidéos peuvent causer des dommages irréversibles à la réputation personnelle ou professionnelle.
  4. Traumatisme psychologique : Les victimes subissent un stress intense, se sentant impuissantes face à la diffusion massive de ces contenus. Surtout si cela se conjugue avec un revenge porn.

Problèmes éthiques et juridiques

Les problèmes éthiques et juridiques soulevés par les deepfakes pornos sont nombreux :

  • Consentement absent : Les deepfakes pornographiques exploitent des images sans le consentement de la personne concernée.
  • Difficulté de régulation : Les lois sur le sujet sont encore limitées dans de nombreux pays, rendant difficile la lutte contre ces pratiques.
  • Anonymat des créateurs : Les auteurs de ces deepfakes agissent souvent anonymement, compliquant leur traçabilité.

Solutions possibles

Il existe des solutions possibles pour s’en prémunir.

  • Législation renforcée : Criminalisation explicite des deepfakes pornographiques.
  • Technologies de détection : Développement d’outils pour identifier les deepfakes.
  • Éducation numérique : Sensibilisation du public sur les risques et la prévention (notamment en faisant à attention à ne pas poster sur les réseaux sociaux n’importe quelle photo de soi ou de proches !).

Si vous êtes victime d’une deepfake pornographique, vous pouvez porter plainte : rassemblez un maximum de preuves et rendez vous au commissariat le plus proche de votre domicile.

A l’ère numérique, les deepfakes pornographiques représentent un défi majeur pour la protection des droits individuels.

Pour aller plus loin :

Sites-pornos-Etats-Unis-mineurs
Actus

Aux Etats-Unis, l’accès restreint aux sites pornos porte du fruit

Aux Etats-Unis, certains Etats ne tergiversent plus avec les sites pornos et l’addiction qu’elle engendre chez les enfants mineurs, en plus de leur donner une vision très faussée de la sexualité.

Comme le rapporte le quotidien Le Monde, plusieurs Etats américains ont mis en place des mesures contraignantes et restrictives, au point de bloquer les principaux sites pornos du groupe MindGeek, un des leaders de l’industrie pornographique dans le monde.

Si l’on en croit les données de Google, dans l’Etat américain de l’Utah, les recherches pour ces plateformes pornographiques controversées, responsable de l’addiction au porno de nombreux citoyens américains, se sont subitement effondrées. Pourtant, les recherches concernant le terme « porn » ont explosé, tout comme les recherches concernant les VPN (Virtual Private Network, réseau privé virtuel) qui permettent de surfer sur le Web en empruntant une autre connexion, le plus souvent étrangère.

En effet, depuis le 2 mai, le site leader de l’industrie pornographique, ainsi que les principaux sites détenus par MindGeek sont bloqués dans l’Utah. Une fermeture annoncée comme volontaire et décidée par MindGeek, en réaction à l’entrée en vigueur dans cet Etat de la loi baptisée « SB 287 ». Ce texte, qui vise à protéger les mineurs,oblige les sites dont plus d’un tiers des contenus hébergés sont pornographiques à mettre en place des « méthodes de vérification d’âge raisonnables ».

Ainsi, la loi vient dire très clairement à l’industrie pornographique qu’elle ne peut plus se contenter de demander aux internautes de déclarer sur l’honneur qu’ils ont plus de 18 ans, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Une question posée aux internautes très controversée et pour le moins hypocrite, puisqu’il suffit de répondre “oui”, sans aucune autre vérification, ce qui permet aux mineurs de visiter ces plateformes, occasionnant jusqu’à 18% du trafic et donc du chiffre d’affaires.

Cette loi SB 287 est proche dans sa philosophie de celle adoptée en 2020 en France, et qui devait aboutir le 7 juillet à une importante décision du tribunal de Paris : l’Arcom, le régulateur français d’Internet, avait demandé à la justice de bloquer six importants sites pornographiques auxquels elle reproche, à juste raison, d’insuffisamment filtrer leur accès aux mineurs et surtout, de ne pas mettre en œuvre la loi. Mais le 7 juillet, le tribunal judiciaire de Paris a reporté sa décision, déclarant attendre celle du Conseil d’Etat concernant l’attaque des décrets de cette loi… par les dites plateformes.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Venez en discuter avec nous sur le chat’ ! (discussion anonyme et bienveillante)

Pour aller plus loin :

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Actus

Blocage des sites pornos aux mineurs : le tribunal reporte sa décision

Blocage des sites pornos aux mineurs : le tribunal judiciaire de Paris reporte sa décision !

Nouveau sursis en France pour cinq des plus importantes plateformes de distribution de contenus pornographiques. Le tribunal judiciaire de Paris a différé sa décision dans l’attente de l’examen par le Conseil d’Etat des recours contre le décret qui impose une vérification de l’âge des visiteurs. Ainsi un efficace blocage des sites pornos aux mineurs n’est pas encore effectif, et l’accès à ces plateformes maintenu pour le grand public.

La demande de blocage, qui vise également d’autres plateformes moins connues, avait été lancée en 2021 par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ce qui était une première en France.

Le tribunal judiciaire de Paris a préféré différer sa décision dans l’attente de l’examen par le Conseil d’Etat des recours de ces plateformes contre le décret d’application qui précise les moyens d’action de l’Arcom pour les sanctionner lorsqu’elles n’empêchent pas dans les faits les mineurs d’accéder à des sites pornos.

Selon le journal Le Monde et l’AFP, cette non-décision, dite « sursis à statuer » doit notamment permettre d’établir si l’absence de précisions dans le décret sur les modalités techniques permettant d’empêcher l’accès des mineurs aux sites pornographiques respecte « le principe de sécurité juridique » des entreprises, et si les systèmes envisagés par le régulateur sont conformes à la réglementation sur les données personnelles, justifie le tribunal dans sa décision.

Prenant acte de la décision du tribunal, l’Arcom a estimé, dans un communiqué, qu’il y avait « consensus sur la nécessité d’agir rapidement pour protéger les mineurs », tout en rappelant qu’elle « continuera d’œuvrer au respect par les éditeurs de sites pour adultes de leurs obligations légales ».

30% des mineurs se rendent (chaque mois) sur un site porno

Chaque mois, 30% des mineurs se rendent sur un site porno, ce qui présente 2,3 millions d’enfants, et jusqu’à 18% du trafic de ces plateformes, et donc d’une partie non-négligeable leur chiffre d’affaires.

Depuis la loi de juillet 2020, les plateformes de porno ne peuvent s’exonérer de leurs responsabilités avec une simple déclaration de majorité. « Mais rien ne s’est passé comme prévu, précise le journal Le Monde, entre ratés de procédure de l’autorité administrative et manœuvres dilatoires menées par les sites visés, le tout sous le regard impassible des opérateurs de télécoms chargés de mettre en œuvre un éventuel blocage. » 

Plus tôt dans la semaine, le ministre chargé de la transition numérique, Jean-Noël Barrot, avait vu son projet de loi de sécurisation de l’espace numérique adopté au Sénat. Ce projet contient une mesure permettant de donner le pouvoir aux autorités de bloquer et déréférencer les sites qui ne proposeraient pas de vérification assez solide et opérationnelle de l’âge effectif des utilisateurs. Ainsi l’Arcom, autorité de régulation de médias et d’Internet (ex-CSA) pourrait se passer du juge et solliciter directement les fournisseurs d’accès à Internet pour obtenir le blocage des sites pornos aux mineurs.

Ce matin, le ministre avait déclaré sur RMC : « Le tribunal va rendre son verdict, je souhaite qu’il soit exemplaire [et] qu’il bloque ces cinq sites, pour que, désormais, les sites pornographiques vérifient l’âge de leurs visiteurs.

Reprenant les chiffres de l’enquête de l’Arcom sur l’accès facile du porno par les mineurs, le ministre a déploré : « Deux millions d’enfants sont exposés chaque mois à des contenus pornographiques, et des enfants parmi les plus jeunes ». Toujours selon cette enquête, « à 12 ans, la moitié des petits garçons dans notre pays sont exposés chaque mois à ces contenus », ce qui constitue « un scandale de santé publique ». Réagissant à la décision du tribunal, le ministre délégué de la transition numérique a d’ailleurs rappelé vendredi après-midi qu’avec « le projet de loi numérique, l’Arcom pourra ordonner, en quelques semaines seulement, le blocage des sites qui ne respectent pas la loi ».

Des projets similaires aux Etats-Unis et au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni tente lui aussi de mieux filtrer l’accès aux sites pornographiques, avec un projet de loi sur la sécurité en ligne, en discussion au Parlement. En mai, comme l’avait apporté The Guardian, son Commissaire à l’enfance, Rachel de Souza, avait estimé dans un rapport basé sur les chiffres de la police anglaise, que 50 % des agressions sexuelles sont dues à l’addiction au porno. Elle réclame depuis des mesures plus « robustes » pour protéger les enfants.

Aux Etats-Unis, les Etats de la Louisiane et de l’Utah ont intégré dans la loi une vérification de l’âge des internautes. Mais les projets de mise en place d’une vérification de l’âge des internautes semble aussi se heurter à la question de la protection des données personnelles, ce qui a longtemps fait le jeu des plateformes de porno.

Un système de « double anonymat » en cours de test

En France, au moins trois sociétés expérimentent, sur des sites d’un des principaux groupes industriels du porno, des solutions reposant sur le principe du « double anonymat », censé être garant de la vie privée des consommateurs de site pornos. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), gardienne des données personnelles, s’est déclarée favorable à des solutions transitoires, comme la validation de l’âge par la carte de paiement ou l’analyse des traits du visage.

Ce sont des « solutions imparfaites mais suffisantes » pour éviter « l’exposition massive et parfois involontaire de nos enfants à ces contenus », a commenté M. Barrot, rapporte encore Le Monde. Mais « nous aurons besoin de solutions peut-être plus fiables, plus protectrices des données personnelles », a-t-il reconnu, assurant avoir « encouragé des entreprises françaises à se lancer dans le domaine de la vérification d’âge sur Internet ».

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Pour aller plus loin :

Mineurs-pornographie
La vie sans porno

L’explosion de la pornographie chez les mineurs

Depuis un an environ, plusieurs rapports officiels pointent du doigt un phénomène alarmant : l’explosion de la pornographie chez les mineurs. Etat des lieux.

Les chiffres alarmants de l’explosion de la pornographie chez les mineurs

L’addiction au porno est, de manière effrayante, en pleine explosion chez les mineurs. Ainsi, selon le rapport de l’Arcom (ex-CSA) de mai 2023 :

  • Ces sites sont fréquentés par 10% des internautes, quel que soit l’âge
  • 2,3 millions de mineurs fréquentent des sites pornos, un chiffre en croissance rapide ces dernières années (+36% en 4 ans)
  • 30% des mineurs se rendent (chaque mois) sur un site pour adultes (contre 37% pour les adultes) et 9% quotidiennement
  • 51% des garçons de 12-13 ans sont touchés.

D’autres rapports pointent les nombreux dangers de la pornographie pour la santé et la société comme celui de l’Académie de médecine de janvier 2023 ou celui du Sénat, « l’Enfer du décor », sur le proxénétisme 2.0 et le business vertigineux de l’industrie pornographique. Ce rapport montre notamment l’importance des réseaux sociaux dans le développement du porno chez les mineurs : Réseaux sociaux et messageries privées, nouveaux vecteurs du porno.

L’addiction au porno chez les mineurs entraîne d’autres dérives : agressions sexuelles, drogues…

Plusieurs pays européens, en particulier l’Espagne ou la Grande-Bretagne, montrent aussi, chiffres à l’appui, que l’addiction à la pornographie, chez les mineurs notamment, est la cause de 50% des agressions sexuelles :”’

Ces rapports ne sont pas, pour l’instant, suivis d’effets bien qu’ils pointent les graves dérives de l’addiction à la pornographie (56% des divorces, fuite en avant vers la consommation de stupéfiants, etc.). Depuis près de trois ans, SOSPorno.net apporte une solution à ce « scandale de santé publique ».En particulier, nous sommes de plus en plus sollicités pour intervenir dans les écoles. Nous voulons donc lancer un programme d’intervention réplicable dans toute la France, en recrutant un chef de projet et en formant des parents bénévoles localement.

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Pour aller plus loin :

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Actus

Hausse des crimes sexuels liés au porno : les Espagnols inquiets

En Espagne, les autorités s’inquiètent de la hausse des crimes sexuels commis par des mineurs guidés par la porno, nous rapportent aujourd’hui L’Obs avec l’Afp. Comme au Royaume-Uni, où la Commissaire à l’Enfance a estimé en mai dernier que 50% des agressions sexuelles sont dues à l’addiction à la pornographie.

Autorités et associations dénoncent l’impact de l’accès de plus en plus jeune au porno

En 2023, rapportent donc L’Obs et l’AFP, deux viols de fillettes, âgées de 13 et 11 ans, commis à chaque fois par des mineurs ont suscité l’indignation. En Espagne, la hausse récente de violences sexuelles commises par des mineurs inquiète autorités et associations, qui dénoncent l’impact de l’accès de plus en plus jeune à la pornographie. « Depuis quelques années », on « assiste à une augmentation progressive », à défaut d’être « spectaculaire », du « nombre de crimes sexuels commis par des mineurs », souligne Eduardo Esteban, procureur chargé de coordonner la politique pénale envers les mineurs dans ce pays. Cette hausse, « légèrement plus marquée l’an dernier » que les années précédentes, selon le magistrat, a fini par placer ce problème sous le feu des projecteurs en raison de plusieurs affaires relayées ces derniers mois.

En France, l’explosion de l’accès des mineurs à la pornographie a fait fin mai l’objet d’un rapport de l’ARCOM, autorité chargé de réguler les médias  et Internet (ex-CSA).

Des fillettes de 11 et 13 ans violées par d’autres mineurs

Parmi les victimes, le viol présumé fin 2022 par un groupe de mineurs d’une fillette de 11 ans dans les toilettes d’un centre commercial de la région de Barcelone. Parmi les accusés, seuls deux avaient plus de 14 ans, âge minimum pour être inculpé en Espagne, et un seul a été admis temporairement dans un centre pour mineurs.

En juin 2023, un cas similaire a été signalé dans la même région, la Catalogne, où le nombre de mineurs de moins de 14 ans impliqués dans des délits ou crimes sexuels a doublé entre 2015 et 2022, passant de 53 à 103, et où 12,3 % des personnes arrêtées entre janvier et avril 2023 dans de telles affaires étaient des mineurs, selon l’exécutif régional et la police.

Autre signe de la préoccupation des autorités espagnoles, le Défenseur du peuple, équivalent espagnol du Défenseur des droits en France, a ouvert début juin une enquête sur l’agression sexuelle présumée d’une jeune fille de 13 ans par deux élèves de son collège madrilène.

L’accès incontrôlé au porno de plus en plus d’enfants pointé du doigt

Ces affaires ont suscité l’indignation dans le pays, où la lutte contre les violences sexuelles est une cause nationale. En pleine campagne électorale pour les législatives du 23 juillet, l’extrême droite n’a, elle, pas tardé à réclamer un abaissement de l’âge de responsabilité pénale. Mais selon des experts comme Carmela del Moral, de l’ONG Save the Children, « il n’y a pas de solution miracle, comme abaisser l’âge de la responsabilité pénale et envoyer tout le monde en prison », pour enrayer cette hausse.

L’accès incontrôlé de plus en plus d’enfants à la pornographie est, selon les spécialistes, l’un des principaux facteurs de passage à l’acte. « Les jeunes, les enfants, se tournent de plus en plus tôt vers ces contenus », dont ils se servent comme de « tutoriels », « comme lorsqu’on va sur YouTube voir comment réparer un pneu de vélo crevé », explique le procureur Esteban.

En France, ce vendredi, est justement attendu une décision du tribunal judiciaire de Paris sur le blocage de cinq plateformes pornographiques d’envergure auxquelles l’ARCOM reproche de ne pas respecter l’obligation légale de mise en place d’outils permettant d’en interdire l’accès aux mineurs, qui sont de plus en nombreux à les consulter.

Près de 20 % des enfants de 9 ans ont déjà regardé du porno

Selon Lluís Ballester, professeur à l’université des îles Baléares, l’âge du premier contact avec ces contenus diminue progressivement : actuellement, 15 à 20 % des enfants espagnols de 8 à 9 ans assurent ainsi avoir déjà été confrontés à la pornographie en ligne.

En France, 30% des mineurs se rendent chaque mois sur un site porno.

Une étude menée en 2020 par Save The Children montrait que près de sept adolescents sur dix consommaient fréquemment de la pornographie et que plus de la moitié d’entre eux s’en inspiraient dans leurs expériences sexuelles.

Or, cette pornographie est souvent « violente, avec des femmes soumises, qui ne contredisent ni ne contrarient jamais le désir masculin, qui acceptent n’importe quelle pratique, même si elle est folle », insiste Lluís Ballester. De plus, le porno normalise les agressions en groupe, souvent filmées, avertit Carmela Del Moral.
Les jeunes “apprennent la sexualité à travers la pornographie et c’est comme s’ils apprenaient à conduire en regardant “Fast and Furious”.”

Contrôle inefficace

Si l’accès aux contenus pornographiques est en théorie interdit aux moins de 18 ans, le contrôle fait en général défaut, amenant le procureur Esteban à appeler de ses vœux un « contrôle parental […] avec la coopération des réseaux sociaux » et des plateformes.

Cet accès sans contrôle réel préoccupe dans de nombreux pays, comme en France, où le gouvernement a annoncé en mai qu’il voulait parvenir avant la fin de l’année à une vérification d’âge effective sur les sites pornos.

Face à cet impact du porno, les experts s’accordent aussi sur la nécessité de renforcer l’éducation sexuelle des adolescents. « Les mesures adoptées avec les mineurs ont leur effet et il y a très peu de récidives », insiste le procureur Esteban. Mais « avec une éducation sexuelle plus adéquate, il y aurait beaucoup moins de délits ».

Et vous, qu’en pensez-vous ? Agressions sexuelles et pornographie sont-elles liées, selon vous ? Venez en discuter avec nous sur le live chat’ ! (discussion anonyme et gratuite)

Pour aller plus loin, lire aussi :

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Actus

74% des Français d’accord pour restreindre le porno aux mineurs

Selon ce sondage Ifop pour 01net, 74% des Français sont d’accord avec les mesures instaurées pour restreindre l’accès du porno aux mineurs.

Le tribunal judiciaire de Paris va rendre ce vendredi sa décision sur le blocage de cinq sites pornographiques auxquels l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, ex-CSA) reproche de ne pas respecter l’obligation légale de mise en place d’outils permettant d’en interdire l’accès aux mineurs, qui sont de plus en nombreux à les consulter.

A cette occasion, le magazine de l’informatique 01net a commandé un sondage à l’IFOP auprès plus de 2 000 Français sur leur rapport actuel à la pornographie.

Si tous adhèrent majoritairement aux mesures qui permettraient de restreindre la possibilité aux mineurs de visionner des contenus pornographiques et sont même prêts pour un nombre non négligeable de clients à s’y soumettre, ils doutent fortement de leur efficacité.

La pornographie, un apprentissage biaisé de la sexualité

Pourtant, comme le confirme ce sondage, il s’agit là d’un enjeu d’importance : exposés de plus en plus tôt aux images pornographiques, les jeunes y font un apprentissage biaisé de la sexualité, conjuguant reproduction de pratiques à risques et de comparaisons anatomiques, source de complexe, mais aussi à des problèmes de santé.

De plus, notre plateforme SOSporno, qui vient en aide aux personnes accros au porno, est bien placée pour savoir que cette consommation entraîne une addiction dont il est difficile de se sortir sans l’aide de professionnels et qui peut durer parfois plusieurs dizaines années, en commençant souvent à l’adolescence.

74% des Français favorables à un double système d’authentification

La perspective de restreindre l’accès des sites pornographiques aux mineurs via un double système d’authentification est largement approuvée par les Français. Les trois quarts d’entre eux (74%) y sont favorables. Moins consommatrices de ce type de contenus, plus protectrices à l’égard de leurs enfants, les femmes sont plus nombreuses (79%) que les hommes (68%) à adhérer à la mise en place d’une telle mesure. Plus réservés que celles et ceux qui n’en regardent pas, les consommateurs de pornographie acquiescent également majoritairement (63%) à cette volonté.

…mais dubitatifs sur l’efficacité d’un tel contrôle

S’ils sont favorables à un meilleur contrôle de l’accès aux sites pornographiques, les Français sont toutefois dubitatifs sur son efficacité. Plus de 8 sur 10 (81%) pensent en effet que les jeunes trouveront les moyens de contourner le nouveau système, et près de 2 sur 3 (62%) estiment qu’il sera impossible à appliquer techniquement. Cependant, à SOSporno nous penons qu’un système unique avec paiement par carte bancaire à un euro symbolique serait très efficace.

Par ailleurs, 78% craignent que les plus jeunes soient incités à visiter des plateformes moins réglementées et diffusant potentiellement des contenus plus choquants. Ce qui étonnant, car les contenus de ces plateformes sont déjà très avilissantes et souvent sources de violences pour les femmes, comme pour les hommes.

Une courte majorité des répondants (52%) voit dans cette mesure une atteinte à la vie privée. Un sentiment que les hommes partagent plus largement que les femmes (61% contre 44%). Enfin, près d’1 Français sur 2 (47%) redoute une recrudescence d’agressions sexuelles de la part d’amateurs de pornographie éventuellement privés de photos et vidéos. Ce qui là aussi est étonnant : le porno produit déjà viols et traite des êtres humains.

Interrogées plus spécifiquement par l’IFOP, les personnes ayant déjà visionné un film X au cours de leur vie sont 18% à dire qu’elles pourraient certainement s’engager dans une procédure exigeant un certificat de majorité afin de continuer à se rendre sur des plateformes porno. Une perspective partagée par 21% des femmes et 16% des hommes. C’est sans surprise chez celles et ceux qui visionnent quotidiennement des contenus pornographiques que l’on retrouve le plus de répondants (43%) certains de souscrire à l’obligation de prouver qu’ils sont majeurs.

Et un sur quatre prêt à renoncer aux sites porno

Point positif, la mise en œuvre d’un système contraignant de contrôle d’accès rebuterait un nombre non négligeable des personnes s’étant déjà rendues sur un site pornographique : 27% d’entre elles indiquent en effet qu’elles préféreraient s’abstenir d’en consulter à l’avenir. Parmi elles, les femmes (41%) sont beaucoup plus nombreuses que les hommes (19%) à dire qu’elles renonceraient dans cette hypothèse.

D’autres envisagent différentes de manières de continuer à consulter des sites X sans pour autant souscrire à un processus d’authentification. Ainsi, 21% chercheraient un site ne disposant pas de ce mode de contrôle, 11% contourneraient le système via un VPN ou un changement de DNS, ce qui n’est pourtant pas possible avec un paiement à un euro symbolique la visite, tel que SOSporno le préconise. Près d’1 utilisateur sur 10 n’hésiterait pas à usurper l’identité d’une personne majeure, qu’elle fasse partie de ses connaissances (9%) ou en se procurant ses données sur le net (idem).

Le point de vue de François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’IFOP

« Il aura fallu attendre une quinzaine d’années depuis l’apparition des premiers sites pornographiques en ligne pour que les pouvoirs publics s’attellent réellement à en interdire l’accès aux mineurs.

Notre étude montre que les politiques de restriction envisagées rencontrent un assentiment massif dans la population, y compris chez les amateurs de pornographie qui consultent régulièrement ce type de plateformes. Si des écarts logiques existent selon les tranches d’âges, on ne constate pas de réelle dissonance dans l’approbation à la mise en œuvre de ce système.

Face au renforcement du contrôle de l’âge, ceux qui fréquentent les sites X seront amenés à adopter des stratégies différentes. Un cinquième environ, composé notamment des amateurs quotidiens, des jeunes et des catégories modestes, semble enclin à se plier aux nouvelles règles afin de continuer à visionner leurs contenus de manière légale. À l’inverse, un tiers tentera de contourner l’authentification par divers moyens. Enfin, et c’est loin d’être négligeable, un quart, notamment les femmes, cessera de consulter les sites en question.

Si la volonté d’imposer une telle politique restrictive n’est pas un vœu pieux, elle est annonciatrice d’une révolution chez les clients de pornographie – et donc pour les sites eux-mêmes – dans les années à venir. Révolution déjà à l’œuvre chez jeunes hommes notamment qui s’orientent aujourd’hui vers des formes de consommation plus interactives via des sites de webcam ou des plateformes de réseaux sociaux dédiée à la consommation de pornographie ».

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Pour aller plus loin, lire aussi :

Regarder-film-porno-avec-des-amis
Foire aux questions

Regarder des films porno avec des amis : l’avis de Chat GPT ?

L’intelligence artificielle (IA) Chat GPT est formelle : regarder des films porno avec des amis comporte de nombreux risques !

 

Regarder des films pornographiques avec des amis peut présenter certains risques, nous dit Chat GPT, notamment :

  • 1. Malaise et tension : Regarder un film porno avec des amis peut créer une atmosphère inconfortable, en particulier si les personnes présentes ne se sentent pas à l’aise avec ce type de contenu. Les opinions, les valeurs et les limites personnelles peuvent varier considérablement, ce qui peut conduire à des tensions dans le groupe.

Notre commentaire : surtout, regarder du porno comporte des risques, individuellement ou en groupe (lire aussi : Regarder du porno, qu’est-ce que ça fait ?) ; de telles séquences sont violentes pour les femmes (lire aussi : que fait le porno aux femmes ?)

  • 2. Impact sur les relations : La pornographie peut affecter les relations entre amis. Certains peuvent se sentir jugés ou mal à l’aise après avoir partagé cette expérience, ce qui peut entraîner une distance ou une rupture dans les relations.

Notre commentaire : de fait, regarder du porno excite rapidement les sens (notamment des garçons) et donc conduit inévitablement à des comportements inappropriés (masturbation) ; de solides amitiés filles-garçons seront donc durablement altérées voire irrémédiablement rompues.

  • 2. Pression sociale et influence négative : Regarder des films pornographiques en groupe peut créer une pression sociale pour participer ou se conformer aux attentes du groupe, même si cela va à l’encontre des préférences ou des valeurs personnelles. Cela peut conduire à des comportements risqués ou à des expériences sexuelles non désirées.

Notre commentaire : en effet, les membres du groupe peuvent se sentir entraînés malgré eux et vont certainement le regretter ensuite, et d’avantage si la situation dégénère.

  • 3. Conséquences psychologiques : La consommation excessive de pornographie peut avoir des effets néfastes sur la santé mentale et émotionnelle, tels que la dépendance, l’insatisfaction corporelle, l’objectification sexuelle et une vision déformée des relations intimes.

Notre commentaire : de fait, comme nous l’indiquions plus haut, la pornographie peut rapidement se transformer en addiction : lire aussi : Les conséquences de l’addiction au porno ? Réponse de l’IA !

  • 4. Confidentialité et respect de la vie privée : Regarder des films pornographiques avec des amis implique souvent de partager des informations intimes sur ses préférences sexuelles. Cela peut poser des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée si ces informations sont divulguées ou utilisées contre la personne concernée à l’avenir.

Notre commentaire : partager sur la sexualité ne peut se faire que dans le respect de chacun ; or les films porno entraînent une absence de pudeur et c’est similaire à se rendre sur une plage naturiste avec des amis (lire aussi : Naturisme, nudisme, voyeurisme : liaisons dangereuses ?)

Chat GPT de conclure :

Il est important de considérer ces risques potentiels avant de décider de regarder des films pornographiques avec des amis. Il est préférable de discuter ouvertement des limites et des préférences de chacun et de respecter le choix individuel de ne pas participer si cela ne correspond pas à ses valeurs ou à sa zone de confort.

Notre commentaire : on a tendance l’oublier, mais la pornographie n’est pas respectueuse des hommes ou des femmes, son industrie produit viols et traite des êtres humains, elle a des conséquences sur toute la société, sur les relations dans le couple et dans le mariage, mais aussi sur votre santé.

 

Et toi, qu’en penses-tu ? As-tu déjà regardé un film porno avec des amis ? Viens en discuter avec nous sur le chat’ de ce site ! (discussion anonyme et bienveillante)

Pour aller plus loin :

pornographie-mineurs
La vie sans porno

Le porno accessible aux mineurs est un abus sexuel

La diffusion de contenus pornographiques accessibles aux mineurs est un abus sexuel, rappelle l’association Juristes pour l’enfance, et cela doit être reconnu juridiquement comme tel.  

Conseil des droits de l’homme

Mme Mama Fatima Singhateh, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la vente, l’exploitation sexuelle et les abus sexuels des enfants, a adressé un appel à contributions . Pour alimenter son rapport final pour la 61e session du Conseil des droits de l’homme (février-mars 2026), sur les nouveaux modes de vente, d’exploitation sexuelle et d’abus sexuels d’enfants. Afin  d’élaborer des idées et des recommandations pour lutter efficacement contre ce phénomène.

Juristes pour l’enfance a donc répondu à l’appel de la Rapporteuse spéciale par une contribution détaillée . L’association demande que la diffusion de contenus pornographiques accessibles aux enfants mineurs soit juridiquement reconnue comme un abus sexuel sur mineur susceptible de condamnation pénale.

En effet, dans un précédent rapport du 9 août 2024 consacré aux abus sexuels sur mineurs, la Rapporteuse spéciale avait déjà visé l’exposition des mineurs à la pornographie (ici § 86).

Exposition massive des mineurs à la pornographie

Or l’exposition massive des mineurs à la pornographie en ligne est devenue un enjeu majeur de santé publique. En France, un mineur sur deux est exposé avant l’âge de 13 ans :

– L’exposition précoce des enfants à la pornographie influence fortement leurs comportements et leur rapport à la sexualité. Le rapport du Sénat de 2022  révèle une augmentation de près de 60 % des violences sexuelles de mineurs sur d’autres mineurs en cinq ans. Car beaucoup de jeunes auteurs déclarent alors, avoir reproduit ce qu’ils ont vu en ligne.

– Sur le plan médical et psychologique, les constats alarment : anxiété, isolement, culpabilité, troubles du sommeil. Et observent fréquemment des difficultés relationnelles. En effet, des psychologues parlent même de violences psychiques comparables à l’impact d’un abus sexuel. Selon Maria Hernandez Mora, psychologue clinicienne en charge d’une consultation hospitalière d’addictologie, le visionnage d’images pornographiques par les plus jeunes peut produire les effets d’abus sexuels ou de viols psychiques. Alors, avec des conséquences identiques aux abus « réels », à l’origine de comportements sexuels problématiques et de difficultés sexuelles futures.

Reconnaissance d’une forme d’abus sexuel sur mineur par le parlement Européen

Face à ces enjeux, la France sanctionne la diffusion de contenus pornographiques accessibles aux mineurs (article 227-24 du code pénal). Mais cette interdiction peine encore à être effective. Notamment du fait de l’absence d’homogénéité du droit européen sur cette question.

Toutefois, un changement majeur de paradigme semble se dessiner. Car, le 17 juin dernier, le Parlement européen a adopté un projet de directive en 1ère lecture. Elle reconnait que l’exposition d’un mineur à la pornographie est une forme d’abus sexuel sur mineur.

Juristes pour l’enfance sollicite la Rapporteure spéciale de l’ONU pour qu’elle qualifie officiellement la diffusion de pornographie aux mineurs d’abus sexuel, et qu’elle demande aux Etats d’adopter les législations harmonisées nécessaires pour protéger les enfants quel que soit le pays dans lequel sont implantés les acteurs de cette diffusion.

Informer, prévenir, protéger : l’enjeu est clair. La pornographie n’est pas seulement un sujet moral. En effet, c’est une question de santé publique et de protection des droits de l’enfant.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Venez en discuter avec nous sur le chat’

Pour aller plus loin :

Litterature-erotique-romans-erotiques
Spécial été

Littérature érotique, romans érotiques : bienfaits ou méfaits ?

Que penser de la littérature érotique, en particulier des romans érotiques ? Bienfaits ou méfaits ? On fait le point.

C’est l’été, et c’est l’occasion de se replonger dans de bons romans. Mais est-ce toujours bon de lire ce qu’il nous passe sous la main, dans les maisons de vacances ou la résidence secondaire de Tati Ursula ?

Aujourd’hui, de plus en plus de récits racontent la vie sexuelle de leurs auteurs, sans pudeur ni aucun filtre. Certes, sans images, mais les mots ont aussi leur pouvoir de suggestion et une histoire érotique peut vite troubler le lecteur, voire l’entraîner dans un plaisir malsain à l’aide de descriptions sexuelles.

Bienfait ou méfaits de la littérature érotique ?

Est-ce un bienfait de lire un roman érotique, tel qu’on l’appelle pudiquement pour ne pas dire roman pornographique ? Non, bien sûr, ce n’est pas anodin. Le vice ne conduit pas à l’amour. La beauté de l’amour homme-femme ne se limite pas aux rapports sexuels, surtout lorsqu’il sont crument décrits. L’amour vrai, c’est bien mieux. Il se vit dans le don total de soi-même, sans retard, sans retour et sans restriction, avec un profond respect de chacun et dans l’intimité conjugale.

Littérature érotique/romans érotiques font souvent tomber dans l’addiction au porno.

De plus, le risque de lire des romans érotiques est de tomber dans une addiction au porno : beaucoup de femmes addictes au porno nous confient sur SOSporno.net être tombées dans cette addiction en ayant commencé par la littérature érotique ! (Parfois aussi, certains Mangas).

En prime, certaines expériences sexuelles de la vie réelle sont à risques pour le couple (sextoys, etc.) comme parfois pour la dignité des personnes ou leur intégrité physique (fouets…). Des pratiques sexuelles souvent malsaines, dominatrices, captatrices, parfois violentes. Décrire celles-ci dans les romans érotiques (parfois avec force détails) c’est risquer qu’elles soient reproduites, par mimétisme, chez les lecteurs qui les découvriront…

Une confusion érotisme-pornographie savamment entretenue

Catherine Millet, auteur à succès du roman *érotique* La Vie sexuelle de Catherine M. (2001) dans laquelle elle raconte ses pratiques sexuelles le reconnaît : « Érotisme et pornographie, aujourd’hui, ça ne veut plus dire grand-chose ».

De son côté, l’écrivain Gilles Lapouge remarque que  « l’érotisme est souvent la pornographie de la veille ». Qu’on ne s’y trompe pas : les scènes érotiques du roman Cinquante nuances de Grey se sont retrouvées traduites en scènes pornographiques dans le film éponyme, seulement cinq ans après. 

Le romancier académicien et cinéaste Alain Robbe-Grillet (1922-2008) déclarait lui : « La pornographie, c’est l’érotisme des autres ! ». L’un des subterfuges pour masquer la pornographie est l’appel à l’esthétique, comme s’il suffisait d’invoquer le beau pour éviter le pouvoir de séduction de l’abaissement et du malsain.

Jouer avec les mots

Il y a enfin le moyen « légal » : il suffit d’ajouter une thèse ou un message à portée pseudo-philosophique pour que la diffusion des images pornographiques soit légitimée. Ainsi, Catherine Breillat, productrice d’un film érotique, déclarait : « La commission de classification a compris qu’il ne s’agissait pas d’un porno, mais d’un devoir de philo. C’est pour cela que le film n’a été interdit qu’au moins de 16 ans ».

Au début de la révolution sexuelle (1968), Vladimir Jankélévitch, (1903-1985), philosophe né dans le « sexualisme » (son père avait traduit Freud), dénonça le nouvel érotisme : « L’érotisme accablant, suffocant où nous sommes plongés, et qui sert […] à abêtir le genre humain, n’est ni une cause, ni une conséquence de la sécheresse contemporaine ; il est cette sécheresse elle-même. »

Ce qui le rapprocha de l’immense écrivain Soljenitsyne, qui écrivit : « on asservit le peuple plus facilement avec la pornographie qu’avec les miradors. »

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà lu de la littérature érotique ? Viens en discuter avec nous sur le chat’ ! (discussion anonyme et gratuite)

Pour aller plus loin :