28thSep

Les réseaux sociaux et messageries privées sont devenus un vecteur grandissant de diffusion du porno, comme le souligne le rapport du Sénat du 28 septembre 2022 : « c’est le cas notamment de médias sociaux tels que Twitter ou Instagram ». S’agissant des messageries privées, les échanges et téléchargements de contenus pornographiques via WhatsApp ou Snapchat sont également de plus en plus fréquents, surtout au sein du public adolescent !

30 % des jeunes entre 15 et 17 ans ont déjà vu du contenu porno

Ainsi, une récente étude allemande publiée au mois d’avril 2022, sur les habitudes des adolescents français concernant la pornographie en ligne a révélé les résultats d’un sondage Ifop réalisé en avril 2021, auprès de 1 000 jeunes, âgés de 15 à 17 ans, selon lesquels :
30 % d’entre eux ont été exposés à du contenu sexuel explicite via des vidéos ou images pornographiques, directement sur les réseaux sociaux (Instagram, Twitter ou Reddit), sans passer par des sites pornographiques ;
– 24 % d’entre eux déclarent avoir été exposés à ce type de contenus en le recevant ou le téléchargeant via des messageries privées, telles que WhatsApp (propriété de Facebook) ou Snapchat ;
– 17,6 % d’entre eux ont visionné ce type de contenus sur YouTube ;
– 29,5 % d’entre eux déclarent également accéder à ce type de contenus via des moteurs de recherche sur Internet tels que Google.

Lors d’une table ronde organisée le 9 mars 2022 devant la délégation du Sénat, une actrice, réalisatrice et productrice de films pornographiques déclarait : « il n’est pas rare de trouver du contenu pornographique non flouté sur Twitter, même après plusieurs signalements. Twitter ne propose aucun dispositif pour réguler ces contenus, pas plus que Google, puisqu’il suffit de taper un mot clé à caractère sexuel dans la barre de recherche “ images ” pour découvrir des milliers de contenus pornographiques sans même avoir ouvert la moindre page d’un site porno. »

Les contenus pornographiques ou du moins en faisant la promotion ne sont également pas rares sur Instagram. Il convient néanmoins de noter qu’en septembre 2022 ce réseau social a décidé de supprimer le compte de la première plateforme de pornographie en ligne. Mais d’autres réseaux sociaux se penchent sur le porno…

Cette année, Twitter voulait se lancer dans le porno

Le 30 août 2022, Numérama nous révélait que Twitter souhaitait depuis le printemps 2022 lancer un concurrent de la première plateforme mondiale de partage de vidéos pornographiques, projet appelé ACM, pour Adult Content Monetization (monétisation du contenu adulte). En effet, les responsables de Twitter avaient constaté que les utilisateurs de cette plateforme de porno utilisaient presque tous Twitter pour trouver des « clients ». Alors Twitter a constitué une équipe de 84 employés chargés de se prononcer sur cette question : ils sont arrivés à la conclusion que les capacités de modération de Twitter étaient ridicules face aux risques engrangés par un tel service. En effet, Twitter se dit incapable de reconnaître du contenu pédopornographique ou de la violence sexuelle, ni ne connaît pas l’âge réel de ses utilisateurs. Ce qui pose tout de même question.

Les « tubes » Youtube, etc.

L’arrivée des tubes, véritables robinets à images pornographiques, a donc profondément bouleversé le secteur économique de la pornographie qui reposait auparavant essentiellement sur une consommation payante, à l’accès relativement encadré et règlementé, de contenus vidéos produits de manière « classique » par des entreprises fonctionnant sur le modèle de grandes productions cinéma. Le besoin massif de nouveaux contenus pour alimenter ces plateformes a notamment constitué le point de départ de pratiques favorisant les violences sexistes et sexuelles envers les femmes, leur exploitation sexuelle ainsi que la production de contenus de plus en plus « trash » et violents pour alimenter les intérêts économiques de cette véritable industrie du sexe.

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