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Sound of freedom, véritable #Metoo de l’enfance

Sound of freedom, véritable #Metoo de l’enfance : une tribune de Jean-Baptiste Maillard, qui a vu le film hier soir, jour de sa sortie. 

Avertissement préalable : Sound of freedom n’est pas complotiste et ne parle pas de politique, ce n’est pas un documentaire mais une fiction inspirée d’une histoire vraie.

Bouleversant, sans fausse note, ni voyeurisme ou images glauques ou malsaines : quoiqu’en disent les critiques qui surjouent les vierges effarouchées, Sound of Freedom est un film très émouvant, au scénario parfaitement ficelée et digne des meilleurs thrillers hollywoodiens, où l’on rit parfois, avec un excellent jeu d’acteurs. Mais le sujet est grave : c’est sans doute là que ça coince un peu, beaucoup, voire même à la folie ?

Traiter de l’esclavage est toujours délicat. Davantage encore lorsque celui-ci nous est contemporain et se déroule sous nos yeux, même aveuglés. Quand, en plus d’être actuelle, cette traite des êtres humains concerne les enfants, le sujet est tout simplement explosif, qu’on le veuille ou non.

Explosif car cet esclavage n’a qu’un but : l’argent. Il permet assouvir les fantasmes dégoûtants (et que Dieu merci la caméra nous épargne !) de riches bourgeois bedonnants, qui, #balancetonporc, violent impunément l’innocence de leurs jeunes victimes. Cela se passerait de commentaire s’ils ne participaient pas ainsi, par leurs actes criminels, à ce sordide trafic sexuel d’enfants, avec tout ce que cela implique de criminel comme les rapts, les souffrances, les détresses et des vies à jamais brisées. C’est d’ailleurs peut-être là le seul défaut du film : pouvoir laisser penser, un court instant, que nos petits héros arrachés à cet enfer vont pouvoir reprendre leur vie d’avant, quand on sait combien il est difficile pour un enfant de se reconstruire après un tel drame que sont ces viols à répétition. D’ailleurs, combien d’autres ne seront pas sauvés et resteront à vie dans la prostitution, faute de « sauveteurs » ? Mais comme le dit le proverbe, une goutte d’eau pour éteindre l’incendie peut suffire si chacun fait sa part.

Gênant aussi, Sound of Freedom, puisque ce trafic de petits êtres humains représenterait aujourd’hui un terrible « marché » de plus de 150 milliards de dollars (*), en pleine explosion. Comme l’est aussi l’explosion de la consommation d’érotisme, de porno soft, chic, hard, ou pire encore. Comme co-fondateur de Sosporno.net, lancé en 2020 pour venir en aide aux victimes de l’addiction à la pornographie, je ne suis pas trop mal placé pour savoir ce que représente aujourd’hui cette gigantesque pieuvre du porno. Le fait est… qu’elle conduit assez souvent de simples citoyens de la « simple » consommation épisodique puis régulière de pornographie à des comportements de plus en plus addictifs, vers des contenus de plus en plus violents, sans que nous connaissions bien sûr les détails. Ces « addicts » nous en témoignent anonymement dans le chat’ bienveillant de notre plateforme. Ils nous disent combien ils souffrent d’avoir été « pris au piège » d’un terrible engrenage, d’une spirale infernale et dont il apparaît qu’ils ne peuvent en sortir qu’avec l’aide de thérapeutes addictologues. (Ou quand, plus rarement, quoi que cela se poursuit encore, survient le miracle d’une libération immédiate par la prière et l’intercession d’un bienheureux comme Carlo Acutis).

1. Les liaisons dangereuses de la prostitution des mineurs

Parfois, cette addiction au porno s’accompagne aussi d’une addiction à l’alcool et à la drogue, comme on peut le constater aussi dans Sound of Freedom. Ou comme une triste actualité récente du showbiz français a malheureusement permis d’en faire prendre conscience l’opinion : le développement du « chemsex », alliance morbide du sexe et des stupéfiants, dont l’Académie de médecine a également pointé du doigt les effets pervers dans son rapport de janvier dernier.

Rapport qui, soit dit en passant, traitait précisément de l’accès à la pornographie chez l’enfant et l’adolescent, et soulignait que le nombre de mineurs en situation de prostitution en France se situerait entre 7 000 à 10.000 enfants (dont 90% de filles et 10% de garçons). Avec une prévalence « probablement sous-estimée et bien plus élevée pour les populations migrantes, en particulier dans les départements d’outre-mer ».

Par ailleurs, affirmait ce rapport, « les statistiques du ministère de l’intérieur montrent une augmentation récente des mineurs victimes de proxénétisme (1,4) », avec un âge moyen de début autour de 15 ans (5). L’académie de Médecine rapportait également les facteurs de risque et de vulnérabilité reconnus : « des comportements sexuels à risque (…), des situations de rupture familiale et des antécédents de fugue, d’abus sexuels, de déscolarisation, des difficultés psychiatriques (consommation de toxiques, dépression…) ». Une problématique qui toucherait « tous les milieux » (1, 2, 5). Et les « sages » de la santé de pointer du doigt des nombreuses difficultés des professionnels en termes de prévention et d’accompagnement :

  • « Premièrement, la ‘culture porno’ sur les réseaux sociaux (…) identifiant la femme à un objet sexuel, une forme de banalisation de l’utilisation du corps via les ‘sexting’, et une image parfois trop positive en termes d’émancipation et d’accès à de l’argent ‘facile’ (5,6) ».
  • « Deuxièmement, les adolescents concernés ont souvent du mal à se reconnaitre comme victimes, d’autant que des techniques d’hameçonnage se sont développées sur les réseaux sociaux, ciblant les jeunes vulnérables avec la promesse initiale d’une relation amoureuse authentique ».
  • « Troisièmement, les quelques campagnes de prévention et les tentatives législatives pour faciliter tant l’accompagnement que les enquêtes se heurtent toujours à de nombreux non-dits et interdits. (4) »

2. Une explosion de la pornographie chez mineurs

En mai dernier, l’Arcom (ex-CSA) dévoilait les derniers chiffres de Médiamétrie témoignant d’une inquiétante augmentation du nombre de mineurs exposés à la pornographie : +36% en 5 ans. « Un phénomène massif qui s’aggrave d’année en année », affirme cette étude disponible en ligne, dont on peut relever ces trois tendances alarmantes :

  • 2,3 millions de mineurs fréquentent des sites pornos, un chiffre en croissance rapide ces dernières années.
  • 51% des garçons de 12-13 ans se rend sur ces sites, 65% pour les 16 et 17 ans (en moyenne 12% de l’audience des sites adultes est réalisée par les mineurs (17% sur certains sites)
  • près d’un mineur sur dix se rend chaque jour sur des sites à destination des adultes (contre 30% des mineurs mensuellement et 37% les adultes).

D’autre part, en Grande-Bretagne, une étude montre que 50% des agressions sexuelles perpétrées par des mineurs sont dues à l’addiction au porno, comme l’a affirmé en mai dernier la Commissaire à l’enfance du Royaume-Uni, Rachel de Souza, au Guardian. Elle a alors réclamé des mesures plus « robustes » pour protéger les enfants : « Je pense que nous avons plus que jamais des arguments en faveur de la mise en place des protections les plus solides pour les enfants en ligne. Aucun enfant ne devrait pouvoir accéder ou regarder ». Selon ses chiffres, les jeunes commencent à être addict au porno dès 13 ans et 1/10e des jeunes de 16 à 21 ans tombent dans cette addiction dès 9 ans. Des chiffres similaires en Espagne ont été évoqués… comme dans le reste de l’Europe ?

3. Un rapport sénatorial fait le lien entre pédo-prostitution et pornographie

En septembre 2022, est publié un rapport choc de 189 pages sur l’industrie du porno, ayant pour titre « L’enfer du décor ». Il dévoile l’envers du décor de l’industrie pornographie, et pointe également son lien avec les réseaux sociaux, mais aussi le proxénétisme, dont celui des enfants. Une « prostitution des mineurs » qui cache bien mal le nom de pédophilie, mais sur laquelle on peut sortir ces trois extraits très instructifs (7) :

  • Simon Benard-Courbon, substitut du procureur de la République, co-référent prostitution et traite des êtres humains des mineurs à la division de la famille et de la jeunesse (Difaje) du tribunal judiciaire de Bobigny, expliquait : « La pornographie en ligne a pris son envol à la même période que la prostitution des mineurs a pris son envol, pendant les années 2010. Presque tous les jeunes nés dans les années 2000 ont eu très tôt des portables leur donnant accès à des sites pornographiques – car les outils de contrôle parental sont très limités. »
  • Samia Bounouri, infirmière scolaire en Seine-Saint-Denis, secrétaire départementale du syndicat SNICS-FSU, précisait alors aux sénateurs : « On peut se demander jusqu’à quel point ce visionnage de vidéos pornographiques peut influencer par la banalisation et la désinhibition de certains jeunes « fragiles » qui se filment en plein acte sexuel pour diffusion via les réseaux sociaux ou autres. Nous nous interrogeons sur le lien entre cette banalisation et l’augmentation de la prostitution des mineurs. »
  • Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open) ajoutait enfin : « La situation se dégrade également au regard des conduites à risques qui découlent souvent de cette immersion forcée des jeunes dans cette bulle pornographique, qui affecte fortement, comme toujours, les plus fragiles. (…) La prostitution des mineurs prend une ampleur phénoménale et inquiétante dans notre pays. »

Pour conclure, un dialogue du film Sound of Freedom illustre dramatiquement trop bien l’une des principales raisons de l’explosion de la pédophilie industrialisée : « c’est le réseau criminel international qui grandit le plus vite au monde : il a déjà dépassé les ventes d’armes illégales, et il surpassera bientôt le trafic de drogue : parce ce qu’on peut vendre un sachet de coke une fois, mais un enfant… cinq à dix fois par jour ». Alors que faire ?

Pour s’attaquer à ce fléau mondial, il faut prendre le mal à la racine, dont fait donc partie intégrante la pornographie. En luttant contre la pornographie chez les mineurs, on luttera contre la pédopornographie, contre la pédophilie et les trafics sexuels d’enfants. A nos Etats de lancer une véritable politique publique en ce sens, avec, au-delà de toute idéologie sur la sexualité, des moyens conséquents pour des mesures concrètes.

Et, pour commencer, un véritable empêchement de la consultation des sites pornos aux mineurs, qui est techniquement tout à fait réalisable, à condition d’une volonté politique, en dépit du manque à gagner que cela représenterait pour les principales plateformes de pornographie.

C’est une question d’humanité. En ce sens, parce qu’il met enfin en lumière la cause des enfants-victimes, comme un vibrant #Metoo de l’enfance, Sound of Freedom rend un service inestimable au bien commun de l’humanité. C’est un film salvateur, que tout le monde doit voir.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Venez en discuter avec nous sur le live chat’ ! (discussion anonyme et gratuite)

Pour aller plus loin :


Notes & sources

(*) Chiffre évoqué par Jean-Claude Brunet, l’ambassadeur en charge de la lutte contre les menaces criminelles transnationales de la journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains en juillet 2022.

  1. Champrenault C pour le groupe de travail. Rapport sur la prostitution des mineurs remis à monsieur Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat en charge de l’Enfance et des Familles, le 28 juin 2021.
  2. Dupont M, Pohu H, Clochiatti U, Gorgiard C. Prévalence de la prostitution des mineurs dans les pays à revenu élevé : revue de littérature. Neuropsychiatr Enf Adol 2021; 69: 17–24.
  3. Observatoire des Violences faites aux Femme de Seine-Saint-Denis. Annexe 3. Études sur la prostitution des mineures en Seine-Saint-Denis, Ernestine Ronai éd., Violences sexuelles. En finir avec l’impunité. Dunod, 2021, pp. 203-206.
  4. Pohu H., Dupont M., Gorgiard C. (2022). PROMIFRANCE : recherche pluridisciplinaire sur la prostitution des mineurs en France. Rapport réalisé par le Centre de Victimologie pour Mineurs.
  5. Bulot C, Leurent B, Collier F. Pornographie, comportements sexuels et conduites à risque en milieu universitaire. Sexologies 2015; 24(4): 187-193.
  6. Lavaud-Legendre B, Plessard C, Encrenaz G. Prostitution de mineures – Quelles réalités sociales et juridiques ?. [Rapport de recherche]
  7. Rapport sénatorial sur l’industrie de la pornographie, « Pornographie, l’enfer du décor », des sénatrices Mmes Annick Billon, Alexandra Borchio Fentimp, Laurence Cohen et Laurence Rossignol – rapport à retrouver ici.
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La masturbation : l’avis d’un prêtre dominicain

La masturbation : l’avis d’un prêtre dominicain, le Frère Paul-Adrien !

Faut-il arrêter ou continuer la masturbation ? La masturbation féminine ou la masturbation masculine est-elle bien ou pas pour la santé physique et mentale ? Comment arrêter l’addiction à la masturbation ? Comment arrêter de voir les films pornographiques ? Pourquoi arrêter la masturbation ? Le challenge no fap / nofap ?

Voici des questions auxquelles le dominicain Frère Paul-Adrien essaye de répondre dans cette vidéo, après plusieurs recherches auprès d’experts. Si vous avez encore des doutes s’il faut arrêter de se masturber ou pas, cette vidéo est faites pour vous. Que tu sois en couple ou célibataire, la masturbation est un acte qui peut impacter plusieurs aspects de ta vie sur le moins et long terme.

Et toi, qu’en penses-tu ? Viens en parler avec nous sur le chat’ ! (écoute anonyme et gratuite) :

 

Son propos sur la masturbation :

« La masturbation, on n’en parle pas beaucoup, mais c’est délicat à traiter comme sujet. Mais je m’aperçois que cela concerne plus de monde que ce qui n’y paraît, à juste titre d’ailleurs, parce qu’il y a des vrais  enjeux derrière : des enjeux sur la vie affective, la vie amoureuse, sur le rapport à son propre corps, sur l’acte sexuel, qui est une bonne chose. Il y a aussi des enjeux spirituels. Donc je comprends qu’il y ait des gens qui luttent avec le porno. C’est un vrai sujet de conversation. Je m’étais dit que j’allais prendre le temps pour faire une vidéo  sur ce sujet…

Porno et whisky, même combat ?

« C’est ici que je ressors ma comparaison avec le whisky : je suis un bon amateur  de whisky. Celui 12 ans d’âge écossais, ça me parle. Le whisky, c’est comme le sexe, c’est bon, c’est une bonne chose, ça fait partie des plaisirs de la vie. Le sexe a été voulu par Dieu, et il a dit que « c’est très bon » (La Bible, livre de la Genèse, chapitre 1). De mon côté, j’y ai renoncé pour pouvoir suivre le Christ avec tout ce que je suis. Mais ce n’est pas parce que j’y ai renoncé que je ne suis pas capable de savoir ce que sont les bonnes choses : donc le sexe, c’est bon.

Maintenant, est-ce que le sexe tout seul, c’est une bonne chose ? Alors je vous pose la question : est-ce que boire du whisky tout seul, c’est une bonne chose ? Imaginez la même  situation, c’est juste un homme qui vous dit « j’étais triste, j’avais le moral dans les  baskets, donc j’étais tout seul chez moi, et j’ai  pris mes 2 verres de whisky ». Je comprends, c’est vrai que la vie est pas toujours facile.  Mais en même temps, on a quand même le sentiment que c’est une bêtise, et qu’un warning s’allume !

La masturbation, c’est la même chose. On devrait avoir ce warning, qui prend plutôt la forme d’un sentiment diffus de culpabilité. On ne se sent pas à l’aise. Ces personnes  ne sont pas fières de se masturber. Ce n’est pas cela, la vie. Visez quelque chose de plus grand !

Se masturber réduit-il le cancer de la prostate ?

Il y aurait une étude qui vient de médecins américains et qui vous dit que se masturber, c’est quelque chose qui réduit le cancer de la prostate. Écoutez,  je sais pas ce qu’elle vaut cette étude, et à titre personnel, vous ne pourrez pas m’enlever de la tête le fait que ça ressemble furieusement à l’une de ces arnaques sur Internet !

Enfin, imaginez quelqu’un qui vous dit « deux whisky par jour, c’est le meilleur moyen pour éviter un cancer ». Il se dit « bon OK très bien, mais je vais peut-être quand-même essayer de trouver d’autres moyens ! ». Et puis les adolescents de 1618, ils ne se masturbaient pas pour éviter un cancer de la prostate ! Et les gens de 40 ans qui se masturbent, ça me fend le cœur ! C’est parce qu’ils sont malheureux, cela a besoin d’être dit. Avant de nous parle du cancer de la prostate,  faut nous parler du malheur des gens ! Ou alors des problèmes d’addiction. Parce que ça aussi, c’est un vrai problème : oui, la masturbation entraîne des phénomènes d’addiction. Alors  évidemment, ça fait pas très glamour ou très sexy, mais y a quand même de la sagesse là-dedans !

Se masturber, une vraie addiction

Imaginez une autre situation : un de vos amis vous dit : « J’ai du mal à m’endormir, alors ce que je fais, c’est que le soir avant de m’endormir, ça me détend, je me prends mon verre de whisky ! Tous les soirs. Dans ma chambre tout seul ». Vous voyez le signal que ça renvoie ? C’est pas le bon. Je pense que cette personne, on lui dirait « mon coco, je sais pas où  tu vas, mais tu vas pas dans la bonne direction. À mon avis, il y a un pas du côté de l’alcoolisme qui est en train d’être franchi. » Si on me répond : « Ah, l’alcoolisme tout de suite… la masturbation, c’est pas pareil… ».

Le plaisir sexuel

Bon écoutez : le plaisir sexuel, c’est un plaisir d’une telle intensité… que tout le monde le veut. Et donc il y a tout un mécanisme qui se met en place avec les  neurotransmetteurs, le circuit de la récompense, enfin bref, y a tout un mécanisme d’addiction  qui se met en place très vite. Alors qu’en fait, le sexe est une belle chose. Être “accro”, entre  guillemets, au sexe, normalement, le but derrière, c’est que ça vous permet d’être accro à une personne, c’est à dire que vous l’avez dans la peau. Vous l’aimez, quoi ! C’est la vôtre, vous vous donnez à elle. Et puis, ce qui est bien, c’est qu’ensuite, comme vous êtes deux, il y a quelqu’un pour vous. Et avec le temps, les choses deviennent réglées de manière  naturelle. Et pour ce qu’il y a de plus beaux, c’est-à-dire, une personne en face.

Pour revenir au whisky,  c’est la même chose. Normalement, le vrai plaisir du whisky, ce n’est pas ce qu’il y a dans le verre. Même le très bon whisky 12 ans d’âge écossais. Le vrai plaisir du whisky, c’est tout un contexte, c’est l’ambiance, la soirée, la personne avec qui vous le prenez. Quand vous êtes tout seul, à la place de s’attacher à une personne, on s’attache à la bouteille. C’est pour ça que je comprends les personnes qui se battent pour arrêter la masturbation. Est-ce qu’il y a de la grandeur là-dedans ?

Quelques trucs pour sortir de la masturbation (et du porno)

Donc, pour vous aider, 2 petites astuces :

1. Se fixer des limites à ne pas franchir

C’est dans votre tête que ça se passe. Le premier truc, c’est que il faut savoir là où vous voulez aller, vous devez avoir un idéal. Et une discipline spirituelle pour tendre vers cet idéal. Vous allez me dire que je sors tout de suite les grands mots, mais quand même, vous devez savoir où vous allez. C’est pour cela que j’ai passé pas mal de temps sur cette comparaison que le whisky. Vous devez avoir des bornes dans votre vie en vous disant : « Ça ? Ça c’est NON ». Exemple : « Le whisky tout seul, c’est NON, le sexe tout seul, c’est NON ». C’est d’abord là que ça se passe. Après, il y aura des combats, il y aura peut-être des chutes. Mais au moins, que ce soit clair dans votre tête !

2. Repérer les facteurs déclenchants et mettre des barrières

Deuxième astuce, toujours de bon sens : repérer  les facteurs déclenchants. Premier facteur déclenchant, c’est la pornographie. C’est toujours comme le whisky. Si vous êtes porté sur la bouteille de whisky, vous la mettez sous clé. Et il n’y a rien de honteux à dépenser 5 ou 10€ par mois pour avoir un filtre internet digne de ce nom. Moi, ça m’arrive d’en utiliser. En plus, c’est pas mal, cela permet de mieux gérer aussi  le temps qu’on passe sur Internet. Et ça permet de rendre les tentations gérables. Même si vous aimiez vraiment votre femme, vous auriez pas peur qu’elle le découvre. En fait, c’est le plus beau cadeau que vous pouvez lui faire. Celui que je recommande sur Android, c’est Truple. Et sur PC, il est plus intrusif, c’est Pluckeye. Les deux sont biens parce que c’est  fait pour être autogéré. Il ne s’agit pas des systèmes de mot de passe et de systèmes de délais. Et donc, en fait, vous vous autoéduquez à résister à la tentation. Franchement, c’est pas mal.

Le 2eme facteur déclenchant, ce sont les insomnies. C’est toujours le concept de la bouteille de whisky, c’est pour ça que je dis que ça marche pas mal comme comparaison. Vous n’avez pas de bouteille de whisky dans votre table de chevet ? C’est pas bien d’avoir une bouteille de whisky dans sa chambre ! Eh bien dans votre chambre, il n’y a pas internet, pas de téléphone portable ou des trucs comme ça !

La 3e astuce, c’est la prière et la confession, parce que oui, j’ai pas commencé par là, mais la masturbation est un péché (= séparation de l’amour de Dieu, ndlr). J’ai pas commencé par à parce que ça faisait un peu trop le curé qui vient avec ses gros sabots. Mais soyons clairs ! Confessez-vous. Et vous aurez plus d’estime pour vous-même. Et vous ferez des choses grandes. Alors je sais que c’est pas facile, donc on est là pour vous aider et vous accompagner (venez en parler sur le chat’!). On n’est pas là pour vous juger. On fait ce qu’on peut. Et je  le redis, pour que les choses soient bien claires, Dieu n’est pas venu sauver les justes, mais les pécheurs. On en est tous là.

Dernier point, c’est l’hygiène de vie : il faut  avoir une vie remplie, avec du sport, et tout et tout. Ça ne résoudra pas tous les problèmes d’insomnies, mais on fait ce qu’on peut, et ça commence aussi par là. Après, il y a plein d’autres conseils. J’avais fait une vidéo qui reste parfaitement d’actualité, à laquelle je vous renvoie, « Arrêter le porno ». Parce que tous les conseils que je donne là sont quasiment exploitables ici. Je sais que c’est pas facile, et  je sais que c’est pas une discussion très agréable… Si jamais je vous disais le nombre de personnes que ça concerne, cela vous déculpabilisera ou pas ? En tout cas, cela prouve qu’on sait ce que c’est. Donc courage  les petits gars !

Et puis dites-vous que c’est beau d’avoir une belle vie, donc allez-y, levez-vous !

Et toi, qu’en penses-tu ? Viens en parler avec nous sur le chat’ ! (écoute anonyme et bienveillante) :

Pour aller plus loin sur le sujet :


Notes

Ce que dit le catéchisme de l’Eglise catholique de la luxure et de la masturbation :

§2351
La luxure est un désir désordonné ou une jouissance déréglée du plaisir vénérien. Le plaisir sexuel est moralement désordonnée, quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union.

§2352
Par la masturbation, il faut entendre l’excitation volontaire des organes génitaux, afin d’en retirer un plaisir vénérien. «Dans la ligne d’une tradition constante, tant le magistère de l’Église que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné». «Quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux en contredit la finalité». La jouissance sexuelle y est recherchée en dehors de «la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise, dans le contexte d’un amour vrai, le sens intégral de la donation mutuelle et de la procréation humaine» (CDF, décl. «Persona humana» 9).

Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale.

 

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Porno, le clip du rappeur Gab sur cette addiction

Je m’appelle Gab et je suis un rappeur et artiste lyonnais. Je viens de sortir un nouvel album : Exil.

Cet album a pour but d’offrir un message universel, accessible et humain pour dire au monde qu’il est possible de sortir des écrans, du stress et du bruit permanent pour se rapprocher de la nature et des autres.

Le titre qui porte cet album, “Porno”, parle de la pornographie et des conséquences qu’il apporte dans notre monde actuel avec un message et un désir simple : crier aux jeunes les méfaits du porno, et les aider dans ce combat !

Je vous laisse découvrir le clip et l’album :

Ps : Ce combat me semble très important dans notre société actuelle, et j’ai besoin d’aide pour crier que le porno nous détruit dans nos corps, nos cœurs et nos âmes, et qu’il est possible de résister.

 

Et toi, que penses-tu de ce clip ? Viens en parler avec nous sur le chat’ :

PAROLES DE “PORNO” :

Et si la vie ne m’ouvre pas la porte
Il faudra passer par la fenêtre
Il faudra passer par la fenêtre
Mon désir s’est perdu sur le web

Le porno m’a mis les menottes
Ballec j′les brise
Quelles que soient les chaînes
Quel que soit le temps qu′il faut
Je n’me rendrai jamais

Je n′me rendrais jamais
Ils peuvent niquer leur mère
Leurs sœurs
Leur chien
Leur grand père
J’pourrais pas m′y faire
Frérot
J’suis pas qu′un mammifère
Blaireau

De vieux industriels véreux
Mettent le feu comme leur père Néron
Dire qu’ils vendent la chair pour faire des ronds

Pendant qu’j′pleure j′entend applaudir les moutons
Comme si c’était leurs missions

Chérie ouvre les yeux y′a toutes les formes de soumission
Balance ton porc
Demande toi d’où il vient
Stp balance ton porn

Pourquoi ils se taisent?
C′est comme pour les jeux c’est comme pour les clopes
C′est surement parce que ça rapporte

On posait nus dans le jardin d’Eden
On sait qu’elle est mauvaise
Pourquoi tu veux nous faire croquer dans la pomme?

Et si la vie ne m′ouvre pas la porte
Il faudra passer par la fenêtre
Mon désir s′est perdu sur le web
J’irai l′arracher aux ténèbres

Le porno m’a mis les menottes
Ballec j′les brise
Quelles que soient les chaînes
Quel que soit le temps qu’il faut
Je n′me rendrai jamais

Résistant
Résistant résistant
Sais tu qu’il existe un ciel

Hanté par le mal
J’suis né pour me battre
Le tenir à distance

Résistant résistant
Résistant résistant
J′veux un corps à corps
Et un cœur à cœur
Pas juste une mise en scène

(Pas juste une mise en scène)
(Pas juste une mise en scène)
(C′était des mensonges)
(C’était des mensonges)

J′étais adolescent
Yeux encore innocent
Une mère un père aimants
Je sais que j’ai d′la chance
J’suis pas là pour me plaindre
J′voudrais juste dire les choses

La première fois que j’ai vu
Du porno c’était nul
Tous mes potes aimaient bien
J′me sentais triste et seul

Puis j′suis tombé dedans

C’était si fort
J′me rappelle de tous les visages

J’me rappelle des corps
J′me rappelle des actes
Le cerveau bloqué dans l’image

J′avais p’t’être le choix
Tout ce que je sais
C′est que mon cœur est pris en otage

C′est pas c’que je veux
Capturé par l′envie
On devient son propre ennemi

Je sais que j’suis addict
Me sors pas tes versets tes haddits
Ou ta putain d′morale de Jackie
Y’a ceux qui nient ceux qui diabolisent
J′ai pris le maquis

Frérot
Il faut que je le dise
J’connais trop de gens sous son emprise
C’est comme l′alcool ou la résine
Les frères il faut que l′on résiste

Pourquoi ils se taisent?
C’est comme pour les jeux c′est comme pour les clopes
C’est surement parce que ça rapporte

On posait nus dans le jardin d′Eden
On sait qu’elle est mauvaise
Pourquoi tu veux nous faire croquer dans la pomme?

Et si la vie ne m′ouvre pas la porte
Il faudra passer par la fenêtre
Mon désir s’est perdu sur le web
J’irai l′arracher aux ténèbres

Le porno m′a mis les menottes
Ballec j’les brise
Quelles que soient les chaînes
Quel que soit le temps qu′il faut
Je n’me rendrai jamais

Résistant
Résistant résistant
Sais-tu qu′il existe un ciel?

Hanté par le mal
J’suis né pour me battre
Le tenir à distance

Résistant résistant
Résistant résistant
J′veux un corps à corps
Et un cœur à cœur
Pas juste une mise en scène<

Judge reads the sentence to be afflicted on the criminal in the courtroom
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Scandale Porn – 108 millions pour couvrir les agressions sexuelles

Scandale Porn- 108 millions pour couvrir des agressions sexuelles.

Quand la justice rattrape l’industrie du porno :

Car l’une des plus grandes plateformes pornographiques mondiales est au cœur d’un scandale judiciaire sans précédent. Exploitation de mineurs, trafic humain, agressions sexuelles. En effet, ce que certains appellent encore du “divertissement pour adultes” révèle aujourd’hui l’envers sombre de la pornographie industrielle.

Dans cette vidéo, on revient sur les faits, les poursuites en cours, et les témoignages glaçants de victimes.

 Car une chose est certaine : la pornographie ne fait pas que montrer, elle détruit.

 

 

Une affaire judiciaire majeure secoue l’industrie pornographique mondiale

La société canadienne Aylo (anciennement MindGeek), qui détient des géants du porno comme Porn*** et You***, est poursuivie par plusieurs victimes pour des faits gravissimes :

  • Agressions et violences sexuelles

  • Trafic d’êtres humains

  • Exploitation de mineurs

  • Monétisation de contenus illégaux

Elle réclame aujourd’hui 108 millions de dollars à son propre assureur. Pour couvrir ses frais de défense juridique et les indemnités potentielles aux victimes.


Une enquête qui dérange

Dès 2020, une enquête du New York Times mettait en lumière des vidéos violentes, non consenties. Et parfois pédopornographiques hébergées sur ces plateformes — souvent signalées, mais rarement retirées.

Le juge Luc Morin, dans une décision récente, parle clairement de la nécessité d’indemniser des victimes d’actes à connotation sexuelle. Il précise que la responsabilité de la société est aujourd’hui « attaquée de toutes parts ». Et que certaines accusations ont déjà donné lieu à des reconnaissances officielles.


Un modèle économique fondé sur la violence ?

Ces poursuites judiciaires posent une question brûlante :

Comment une industrie entière peut-elle continuer à prospérer alors que des crimes graves sont liés à son fonctionnement ?

  • La société Aylo était-elle assurable en connaissance des faits ?

  • L’assureur est-il tenu de couvrir les frais liés à des affaires de violences sexuelles ?


❗ Et nous, que faisons-nous face à cette réalité ?

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Joseph, ex-addict au porno : « Un jour, je me suis dit : t’es pas heureux ! »

 

Ex-addict au porno : comment s’en est-il sorti ?

A l’adolescence, Joseph tombe petit à petit dans des addictions, les jeux vidéo, la pornographie…

Plus tard, après l’échec d’un concours, il lance un cri à Dieu : « Si tu existes, montre-moi que tu es vivant et que tu agis ! ». Regardez la vidéo* !

Une fois refusé à son concours, il traverse l’épreuve en prenant du temps à l’écart, seul. Et là je me suis dit :

« Joseph, il y a des choses qui ne vont pas dans ta vie, t’es pas heureux, t’es dur comme une pierre, ton coeur est sec, tu ne trouves pas le sens de l’existence, la saveur de la vie »

A ce moment-là, comme un cri du cœur, j’ai dit à Dieu :

« Si tu existes, il faut que tu te manifestes dans ma vie, que tu interviennes et que tu me montres que tu es vivant, que tu agis dans le monde »

A partir de ce moment-là, j’ai commencé à me rapprocher de Dieu.

Un jour je suis entré dans une église, j’ai eu le désir de me confessé, je me suis confessé à un prêtre… Le prêtre m’a demandé comme pénitence de me mettre à genoux devant Jésus exposé dans son hostie sur l’autel, et de lui demander de te dire combien il t’aime. Ce moment-là a été tournant pour moi, je me suis agenouillé devant l’autel et j’ai dit à Jésus :

« Seigneur voilà, tu veux me montrer ton amour, je suis là, disponible pour Toi. »

A ce moment précis, j’ai senti toute l’intensité de l’amour et de la miséricorde de Dieu dans mon cœur, je me suis effondré, j’ai fondu en larmes, et à partir de ce moment là, ma vie n’a plus été la même…

 

Et toi, qu’en penses-tu ? Voudrais-tu aussi être un ex-addict au porno, délivré par Jésus de cette addiction ? Viens en parler avec nous par le chat’ de ce site ! (discussion anonyme et bienveillante)


(*) entendu dans la vidéo :

    • “adoration eucharistique” = se mettre en présence de Jésus présent réellement dans l’eucharistie
    • “pécheur” : quelqu’un qui se coupe de l’amour de Dieu
    • “miséricorde” : regarder cette vidéo pour comprendre

Pour aller plus loin :

Ran-Gavrieli
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Ran Gavrieli : « Pourquoi j’ai arrêté le porno »

Pourquoi j’ai arrêté le porno… et comment, ce faisant, j’ai cessé de contribuer à l’affreuse industrie du sexe.

 

Discours prononcé lors d’une soirée TED à Jaffa par Ran Gavrieli, conférencier spécialisé dans les thèmes liés au « safe sex ».

Attention, il n’y va pas par quatre chemins et certains de ses propos qui dépeignent ce qu’on fait aux femmes dans les films pornos peuvent être choquants : âmes sensibles s’abstenir !

Et toi, qu’en penses-tu ? Viens en parler avec nous sur le chat’ ! (discussion anonyme et bienveillante)

* * *

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? J’ai cessé de consommer de la pornographie essentiellement pour deux raisons. La première, c’est qu’elle avait apporté énormément de colère et de violence dans mes fantasmes privés. Cette colère et cette violence n’étaient pas présentes en moi au départ, et je n’en voulais plus. Ce n’était pas moi, et j’ai décidé d’y mettre fin. Plus facile à dire qu’à faire.

Deuxièmement, je me suis rendu compte que, en consommant de la pornographie, je contribuais à créer une demande pour la prostitution filmée. Car il s’agit bien de cela, de prostitution filmée : pornê c’est la prostituée, graphein rapporte à une notion d’écriture ou d’image.

Or la prostitution n’est le rêve d’enfance de personne, elle est toujours l’effet de problèmes et de détresse. C’est une chose que j’ai comprise peu à peu en travaillant comme bénévole auprès d’hommes et de femmes prostitués, dont certains étaient victimes de la traite, en tant qu’« aide de service » dans des bordels, sous les ponts, au coin des rues… Mais on n’a pas besoin de faire tout cela pour comprendre le mécanisme de la pornographie et de la prostitution. Car, dans la pornographie, il ne s’agit ni d’érotisme ni de communication sexuelle saine, il s’agit de la domination et de la subordination des femmes par les hommes. Ce n’est pas seulement une pratique sexuelle, c’est une façon d’être, une hiérarchie de genres dans le monde.

Ainsi, si l’on demandait à la pornographie comment elle définirait le sexuel, qu’est-ce qui fait qu’une chose est sexuelle, la pornographie nous rirait au nez. Qu’est-ce qui définit le sexuel ? Voyons ! Ce que les hommes trouvent excitant. Les hommes trouvent excitant d’étrangler une femme ? De la pénétrer brutalement sans le moindre contact, tendre caresse, baiser ou étreinte ? Alors c’est sexuel. Les hommes trouvent excitant de voir une femme ou un enfant pleurer ? Alors c’est sexuel. Les hommes trouvent excitant de violer une femme ? Alors c’est sexuel. Dans n’importe quel site porno mainstream sur le Net, on peut trouver la catégorie «Viol» à côté de la catégorie «Humiliation», la catégorie «Abus», la catégorie «Larmes», et ainsi de suite. Et ce n’est pas comme si la pornographie banale ne débordait pas déjà de ces motifs. Même dans ses versions les plus douces, ce que nous montre la pornographie dans 80 à 90% des cas, c’est en fait la sexualité sans les mains. Et ce n’est pas ainsi que fonctionne notre désir authentique. Pardon, je vais répéter : la sexualité sans les mains.

Si vous ne renoncez pas au porno, observez cela la prochaine fois que vous regardez : la caméra porno ne cherche nullement à capter des activités sensuelles normales du genre caresses, préliminaires, frôlements, étreintes, baisers… Non, ce qui intéresse la caméra porno, c’est la pénétration. Donc normalement la composition sera un homme et une femme – à supposer qu’il n’y en ait qu’un de chaque – son pénis est en elle – bon, ne soyons pas trop exigeants, peu importe où, quelque part en elle il y a un pénis, son pénis est en elle quelque part, d’accord ? – et, pour ne pas bloquer la caméra pendant ce gros plan extrême sur la pénétration, l’homme se tient le plus souvent les mains derrière le dos. Et la femme, dans cette position inconfortable, doit s’occuper du pénis en elle, sans porter atteinte ni à sa coiffure ni à son maquillage (car c’est de l’argent et du temps qu’on a investis en elle), sans perturber ses mouvements agressifs et surtout sans bloquer la caméra. Donc, en fin de compte, sous différentes formes et avec des acrobaties diverses, on a deux personnes en train de “faire l’amou”r de telle sorte que les seules parties du corps qui se touchent sont le pénis et la partie pénétrée. Sans les mains.

Tout ce que nous regardons nous envahit

Je fais chaque année entre 250 et 300 conférences devant des soldats, des étudiants, des élèves… Personne n’est jamais venu me dire, après : « Ran, vous savez, cette histoire du “sexe sans mains”… En fait c’était ça mon désir authentique. Quand j’avais 11 ou 12 ans, je n’avais pas du tout envie d’embrasser ou de toucher la personne, ça ne suscitait pas ma curiosité. Moi, dès le début, c’était les pénétrations. » Personne ne m’a jamais dit ça. Avant la pornographie. Après la pornographie…

Dans mes fantasmes privés, avant de commencer à regarder du porno, l’aspect «histoire» était extrêmement important, et c’était toujours une histoire de sensualité et de réciprocité. Autrement dit, j’imaginais toujours : « Que vais-je pouvoir lui dire ? Et que va-t-elle pouvoir me répondre ? Quelles sont mes options de réponse à partir de là ? » Dans la vraie vie, ça ne marchait jamais comme je l’avais prévu mais, dans mon esprit, c’était super important pour l’excitation : le suspense, le lieu, le cadre… Ça se passera où ? De quelle manière émergera petit à petit l’embrasement des corps ? Oui, c’était superimportant, avant la pornographie.

Une fois que l’on a pris l’habitude du porno, elle conquiert votre esprit, elle envahit votre cerveau. Et j’ai perdu ma capacité d’imaginer, ce qui veut dire que je me trouvais là (je ne serai pas trop explicite) à me masturber, les yeux fermés ; j’essayais désespérément de fantasmer quelque chose d’humain et je n’y arrivais pas parce que ma tête était bombardée par toutes ces images de femmes violées, de femmes soumises et obligées de faire semblant de jouir dans ces rituels diaboliques d’éjaculation. C’était ça le résultat.

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? Tous, nous sommes vulnérables – pas seulement les jeunes – et il me semble qu’on devrait faire très attention, non seulement à ce que notre corps absorbe en termes de nourriture, mais aussi à la nourriture qu’absorbe notre esprit. Car tout ce que nous regardons nous envahit.

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? Permettez-moi de vous donner un court exemple tiré d’un domaine non sexuel. L’autre soir, je suis rentré à la maison, et ma bien-aimée regardait une quelconque connerie culturelle, une émission de karaoké, des auditions… On n’a pas de télé à la maison, d’accord ? On n’a pas de télé à la maison mais seulement parce que ça nous permet de nous présenter faussement comme des gens très profonds. « Ah ? Oh, non, je ne connais pas… Mastectomie, hmmm ? Non, non, on n’a pas la télé.» On regarde toutes les conneries culturelles possibles et imaginables, d’accord ? Ni moi ni elle ne passons notre temps à contempler l’existence ; non, on télécharge des trucs. Et notamment tout ce qu’il y a comme connerie culturelle. Bon, alors je regarde cette émission de karaoké pendant vingt minutes, et c’est tellement ennuyeux, fastidieux, voyez, ils passent deux minutes à chanter et quatre minutes à blablater dessus, au bout de vingt minutes, je perds patience et je pars me doucher. Et le truc intéressant, c’est sous la douche.

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? Ce que j’ai découvert là, c’est le moi le plus pathétique que j’ai jamais… Je vais vous le montrer, j’ai envie de sentir que vous m’aimez et m’acceptez vraiment, donc il faut que je vous montre mon moi le plus pathétique, et comme ça vous serez obligés de l’accepter. Bref, j’ai mis cinq, non sept, non, peut-être dix minutes à me rendre compte que j’étais là, sous ma douche, à me demander avec une gravité extrême : « Quelle chanson aurais-je choisi pour les auditions ? Eh ! Attention ! Quelque chose de très profond ! Moi je ne vais pas faire Rihanna ou Lady Gaga, moi je vais faire Mercedes Sosa… (Como un pájaro libre) La couverture de Blind Willie McTell de Bob Dylan. C’est pas follement profond, ça ? » Il fallait que je prenne la mesure de ma bêtise, car je n’ai aucun talent pour la musique. Non seulement ça, mais je n’ai jamais eu envie d’être musicien ni auteur de chanson, ça n’a jamais fait partie de mon monde intérieur de désirs, d’accord ? Mais je suis un être humain, et que faire ? J’ai regardé ça pendant vingt minutes, c’est entré dans mon cerveau pendant un moment.

Donc, si vous prenez cet exemple et que vous essayez de mesurer ou d’estimer l’impact de vingt minutes de n’importe quoi… comment ça envahit notre esprit et conquiert nos désirs, essayons alors d’imaginer, ou permettez-moi de vous le dire oralement : que se passe-t-il quand on regarde vingt minutes de pornographie, une ou deux fois par semaine (restons très modérés) ? C’est envahissant.

« Pornographie habillée »

Qu’on le veuille ou non, le porno est entré chez nous, et je suis convaincu qu’elle ne contribue pas à notre bien-être. Parce que, dans le monde occidental, nous avons Internet – partout, dans quasiment tous les téléphones portables désormais. Et cela produit un effet à la fois addictif et paralysant. C’est addictif parce qu’on développe une certaine dépendance à la pornographie. Mais l’aspect paralysant, c’est surtout pour les garçons et les jeunes hommes parce que la pornographie vous apprend que, en tant qu’homme, vous n’avez de valeur sexuelle que dans la mesure où vous avez un pénis énorme et une érection éternelle. Selon la pornographie, être un partenaire sexuel valable, ça n’a rien à voir avec le fait d’être passionné, attentif, généreux, bien coordonné… que nenni ! Rien de valable, en dehors du Pénis énorme et du Soleil éternel… Ce que nous n’avons pas ! Ainsi, en regardant la pornographie, les garçons se retrouvent paralysés, et s’ils ne se retrouvent pas paralysés, très souvent, ils se transforment en imitateurs de ce qu’ils ont vu, c’est-à-dire qu’ils deviennent des agresseurs. Des agresseurs, même quand l’affect est présent.

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? De nos jours, tant et tant d’abus sexuels se déroulent à l’intérieur de ce qu’on perçoit de l’extérieur comme de belles-histoires-d’amour-adolescent ou des relations-saines-entre-adultes. Parce qu’on ne parle pas vraiment du sexe, on se contente de le voir partout. On n’en parle pas vraiment alors, ce qui se déroule à l’intérieur des chambres, toutes ces mutations sexuelles, comment cela se passe-t-il ?

Si on parle des femmes, la plupart des jeunes filles et des femmes reçoivent le message – pas seulement du porno dur mais de toute notre culture mainstream influencée par le porno (les clips, les pubs, tout ça c’est de la «pornographie habillée») – qu’être digne d’amour, c’est d’abord et surtout être digne de désir sexuel. Et de nos jours la définition du désir sexuel, c’est à peu près : « Faites comme les stars pornos. »

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? Je travaille dans des dizaines et des dizaines de lycées et de collèges. Dans chacune de ces écoles sans exception, je croise des filles qui ont accepté, à un moment donné, d’être filmées dans une situation intime parce qu’elles voulaient faire plaisir à un garçon qu’elles aimaient bien. Et le garçon en question a abusé de leur confiance – toujours la même histoire – et vendu les images sur l’application What’s up ? ou sur le Web. Et, le plus souvent, les garçons ne reçoivent pas le moindre reproche moral, c’est toujours les filles qui subissent la honte et la mortification. Typiquement, elles quittent l’école. Elles ont beau changer d’école, déménager, elles seront toujours harcelées sur les réseaux sociaux. Elles développent une dépression clinique, souffrent de troubles alimentaires – comme si on n’avait pas déjà suffisamment de raisons, dans notre culture, de développer des troubles alimentaires ! – elles sont complètement ostracisées socialement, et certaines d’entre elles (comme Amanda Todd, qu’elle repose en paix) vont jusqu’à se suicider. Parce qu’elles trouvent que la vie n’a plus de valeur, qu’elles-mêmes n’ont plus de valeur.

La pornographie est entrée chez nous, c’est un cas capital. Ce n’est pas un phénomène mineur dans notre société, c’est parfois une question de vie et de mort. C’est surtout une question de vie et de mort pour les gens qui la font. Car la pornographie n’est pas une preuve de la liberté d’expression, de la liberté de métier, bla-bla-bla, non. C’est une preuve de l’exploitation sexuelle, et on la trouve côte à côte avec la traite, le viol, le proxénétisme et la prostitution. Pour chaque star du porno ayant signé un contrat avec un éditeur ou une boîte de production, il y a des centaines de milliers de femmes et de filles qui échouent à survivre, là. Littéralement, elles en meurent. L’industrie du sexe les mâche menu et les recrache – dans les bordels, sur le trottoir, dans les boîtes d’escorte ou les salons de massage, avec happy end ou non, selon la personne que l’on écoute.

Safe sex affectif

Pourquoi j’ai arrêté le porno ? Je ne plaisante pas, c’est une chose très grave, tout le spectre de la prostitution. Un fort pourcentage d’entre elles ne vit même pas jusqu’à l’âge de 50 ans. Je parle des pays où l’espérance de vie est actuellement autour de 75, 76 ans, elles n’arrivent pas à la cinquantaine. A cela, quatre raisons principales : elles meurent par la drogue, par les MST, assassinées par un client, un mac, un petit ami… et la quatrième raison est, à nouveau, le suicide. Car, si vous êtes une prostituée, devant la caméra ou non, vous êtes dans une situation que l’on peut décrire comme la mort sociale. Nous avons tous dîné avec des gens qui ont consommé de la prostitution, qui sont allés dans un bordel au moins deux, trois fois… Jamais nous ne dînons avec une prostituée, du moins pas déclarée telle. C’est ça, la mort sociale. Ce n’est pas «chic», pas le moins du monde.

Et quand, dans l’intimité de ma chambre, je regarde la pornographie, même sans payer (plus besoin de payer, c’est gratuit, j’espère que vous le savez si vous en consommez encore), quel que soit le film que je regarde, cela crée une demande, et là où il y a demande il y a offre. C’est corrélé. Si je regarde des images de femmes blacks mûres, quelqu’un se fera le proxénète de femmes blacks mûres. Des mineures asiatiques ? Un trafic énorme existe déjà. Des Israéliennes ? Des Palestiniennes ? De blanches et blondes étudiantes américaines ? C’est une catégorie dans le vent, ces dernières années. On peut savoir avec certitude que, déjà, la lie de la terre cherche à prostituer ces femmes-là devant la caméra.

Alors, pourquoi j’ai arrêté le porno ?

Alors voilà : j’ai cessé de regarder la pornographie pour mon bien-être, ma communication intime, ma vie privée érotique, pour prendre le contrôle et la responsabilité du contenu de mon esprit. Mais, ce faisant, j’ai cessé de contribuer à l’affreuse industrie du sexe. Et ça, je trouve que c’est une bonne chose.

J’aimerais vraiment mettre en avant l’idée du safe sex, sur le plan non seulement physique mais affectif. Pratiquer le safe sex affectif n’implique pas de redevenir sexuellement conservateur ou non-libéré. Je suis tout à fait pour la liberté sexuelle ! Ça veut juste dire que l’on souhaite écarter cette hiérarchie de genre, cette subordination sexuelle et ressusciter comme critère absolu de l’intimité, disons… le rire. Deux âmes, deux êtres humains qui se retrouvent ensemble dans une situation intime sont-ils capables de rire ensemble ? Peu importe qu’ils se connaissent depuis dix ans ou une heure. Si deux âmes se retrouvent seules dans une chambre et n’arrivent pas à rire ensemble, quel bien pourrait-il sortir de leur rencontre, sexuelle ou non ? C’est ça le safe sex affectif.

Je veux juste que l’on parle davantage de toutes ces choses, car il me semble que notre silence en la matière ne nous a jamais fait du bien. Le silence ne fait que perpétuer le silence, alors que la parole engendre encore plus de paroles, plus de partage, plus d’identification, plus de conscience, plus de changement. Il s’agit certes d’un petit changement dans notre humble petite vie, mais d’un changement réel – et vrai. Et émotionnellement sûr.

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Pour aller plus loin :


Traduit de l’anglais (Israël) par Nancy Huston.