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Réseaux sociaux et messageries privées, nouveaux vecteurs du porno

Les réseaux sociaux et messageries privées sont devenus un vecteur grandissant de diffusion du porno, comme le souligne le rapport du Sénat du 28 septembre 2022 : « c’est le cas notamment de médias sociaux tels que Twitter ou Instagram ». S’agissant des messageries privées, les échanges et téléchargements de contenus pornographiques via WhatsApp ou Snapchat sont également de plus en plus fréquents, surtout au sein du public adolescent !

30 % des jeunes entre 15 et 17 ans ont déjà vu du contenu porno

Ainsi, une récente étude allemande publiée au mois d’avril 2022, sur les habitudes des adolescents français concernant la pornographie en ligne a révélé les résultats d’un sondage Ifop réalisé en avril 2021, auprès de 1 000 jeunes, âgés de 15 à 17 ans, selon lesquels :
30 % d’entre eux ont été exposés à du contenu sexuel explicite via des vidéos ou images pornographiques, directement sur les réseaux sociaux (Instagram, Twitter ou Reddit), sans passer par des sites pornographiques ;
– 24 % d’entre eux déclarent avoir été exposés à ce type de contenus en le recevant ou le téléchargeant via des messageries privées, telles que WhatsApp (propriété de Facebook) ou Snapchat ;
– 17,6 % d’entre eux ont visionné ce type de contenus sur YouTube ;
– 29,5 % d’entre eux déclarent également accéder à ce type de contenus via des moteurs de recherche sur Internet tels que Google.

Lors d’une table ronde organisée le 9 mars 2022 devant la délégation du Sénat, une actrice, réalisatrice et productrice de films pornographiques déclarait : « il n’est pas rare de trouver du contenu pornographique non flouté sur Twitter, même après plusieurs signalements. Twitter ne propose aucun dispositif pour réguler ces contenus, pas plus que Google, puisqu’il suffit de taper un mot clé à caractère sexuel dans la barre de recherche “ images ” pour découvrir des milliers de contenus pornographiques sans même avoir ouvert la moindre page d’un site porno. »

Les contenus pornographiques ou du moins en faisant la promotion ne sont également pas rares sur Instagram. Il convient néanmoins de noter qu’en septembre 2022 ce réseau social a décidé de supprimer le compte de la première plateforme de pornographie en ligne. Mais d’autres réseaux sociaux se penchent sur le porno…

Cette année, Twitter voulait se lancer dans le porno

Le 30 août 2022, Numérama nous révélait que Twitter souhaitait depuis le printemps 2022 lancer un concurrent de la première plateforme mondiale de partage de vidéos pornographiques, projet appelé ACM, pour Adult Content Monetization (monétisation du contenu adulte). En effet, les responsables de Twitter avaient constaté que les utilisateurs de cette plateforme de porno utilisaient presque tous Twitter pour trouver des “clients”. Alors Twitter a constitué une équipe de 84 employés chargés de se prononcer sur cette question : ils sont arrivés à la conclusion que les capacités de modération de Twitter étaient ridicules face aux risques engrangés par un tel service. En effet, Twitter se dit incapable de reconnaître du contenu pédopornographique ou de la violence sexuelle, ni ne connaît pas l’âge réel de ses utilisateurs. Ce qui pose tout de même question.

Les “tubes” Youtube, etc.

L’arrivée des tubes, véritables robinets à images pornographiques, a donc profondément bouleversé le secteur économique de la pornographie qui reposait auparavant essentiellement sur une consommation payante, à l’accès relativement encadré et règlementé, de contenus vidéos produits de manière « classique » par des entreprises fonctionnant sur le modèle de grandes productions cinéma. Le besoin massif de nouveaux contenus pour alimenter ces plateformes a notamment constitué le point de départ de pratiques favorisant les violences sexistes et sexuelles envers les femmes, leur exploitation sexuelle ainsi que la production de contenus de plus en plus « trash » et violents pour alimenter les intérêts économiques de cette véritable industrie du sexe.

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Pour aller plus loin :

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Le porno produit viols et traite des êtres humains

Maltraitances sexuelles, physiques et psychologiques, viols, prostitution donc traite des êtres humains. Le porno  serait-il un véritable esclavage ? Le Sénat n’en fait pas mystère, dès son introduction : « Ce rapport s’inscrit dans un contexte particulier, celui du traitement pénal, pour la première fois en France, de violences commises dans un contexte de pornographie sur des femmes victimes de graves maltraitances, sexuelles, physiques et psychologiques, perpétrées par des criminels de l’industrie pornographique, faisant aujourd’hui l’objet de diverses mises en examen, notamment pour viol, viol aggravé, complicité de viol avec acte de torture et de barbarie, traite des êtres humains aux fins de viol, proxénétisme ».

Céline Piques, porte-parole de l’association Osez le féminisme !, soulignait ainsi devant la délégation aux droits des femmes, le 20 janvier 2022 : « d’un point de vue juridique, les vidéos et leurs synopsis sont condamnables pour apologie de crime, de pédocriminalité, d’inceste, de haine raciale ou de lesbophobie. Ce sont toutes des incitations à commettre des crimes, punies par la loi. Les plateformes pourraient être poursuivies pour le caractère illégal de ces vidéos. »

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, lors de son audition par la délégation le 15 juin 2022, a rappelé pour sa part que « les incriminations applicables aux sites pornographiques violents sont nombreuses : viol aggravé, agression sexuelle, actes de torture et de barbarie, traite des êtres humains, proxénétisme. La lutte contre ces infractions est significative car le milieu pornographique est quasi-exclusivement celui de la violence ».

Une porosité avérée entre le monde de la prostitution et celui de la pornographie

Le Sénat souligne d’ailleurs une porosité avérée entre le monde de la prostitution et celui de la pornographie. De nombreux experts auditionnés par la délégation dans le cadre de ses travaux sur l’industrie de la pornographie ont fait état cette évidente porosité. C’est ainsi qu’Elvire Arrighi, chef de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) au ministère de l’Intérieur, a déclaré devant la délégation lors de son audition le 18 mai 2022, « la porosité entre le monde de la prostitution et celui de la pornographie est évidente. Mes enquêteurs, dans leur travail quotidien sur Internet pour démanteler des réseaux de proxénétisme, tombent très régulièrement sur des annonces vantant l’expérience des prostituées dans le domaine de la pornographie. Il y a un acronyme bien connu : PSE, à savoir porn star experience, ce qui veut tout dire. L’intersection est incontestable : celles qui sont exploitées dans le domaine de la prostitution le sont également régulièrement dans le cadre de la pornographie. »

Le caractère « prostitutionnel » de la pornographie

Sonny Perseil, docteur HDR en science politique, chercheur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), a présenté à la délégation, lors de son audition le 3 février 2022, le résultat de ses recherches sur les « cadres de la pornographie » et fait état du caractère prostitutionnel de la pornographie : « quand des personnes acceptent contre rétribution de réaliser des prestations sexuelles – ce qui est le cas parfois pour des films présentés par leur marketing comme amateurs –, on peut commencer à parler de prostitution. En plus de ce premier niveau d’explication par la définition même de la prostitution en tant qu’acte sexuel tarifé, tout un faisceau d’indices a conduit à établir plus rigoureusement cette qualification prostitutionnelle. »

De la prostitution de rue aux “escorts girls” en ligne

Le rapport du Sénat souligne aussi que l’évolution des pratiques prostitutionnelles caractérisée, notamment, par un déplacement de la prostitution de rue vers la prostitution dans des appartements privés avec une mise en relation directe du client et de la personne prostituée via des sites de petites annonces, alimente les liens de plus en plus étroits qui existent entre l’activité prostitutionnelle et la pornographie. Ainsi que le soulignait également Sonny Perseil devant la délégation du Sénat le 3 février 2022, « en France, l’activité prostitutionnelle a largement abandonné la rue pour investir en masse les sites Internet d’escorts. S’agissant de ces derniers, il est intéressant de noter l’influence de la pornographie sur l’offre de services sexuels, l’acronyme PSE – Porn Star Experience – décrivant bien la tendance des prostituées comme des clients d’offrir et de demander, sur le marché des échanges économico-sexuels, des performances autrefois réservées aux hardeurs. Ainsi, l’activité pornographique paraît avoir un effet direct sur le marché de la prostitution. »

Les webcams, hybridation emblématique entre prostitution et pornographie

Le chercheur Sonny Perseil a également évoqué l’apparition récente d’une forme alternative de commercialisation de contenus pornographiques sur Internet : les webcams qu’il a qualifié d’activité « emblématique car parfaitement hybride entre prostitution et pornographie. Si le client reste devant son écran, afin d’obtenir une forme de jouissance, il a la possibilité de guider et de solliciter des actes sexuels accomplis par une hôtesse. Ce n’est pas la première fois que des contacts directs entre un client et une actrice pornographique sont constatés. (…) cette systématisation de l’interaction entre un client extérieur au champ professionnel de la pornographie et une femme qui joue devant son écran avec les usagers – en leur parlant, en exécutant leurs demandes sexuelles personnalisées, seule, avec des accessoires ou des partenaires – finit de démontrer la confusion entre pornographie et prostitution. »

Porno et traite des êtres humains, deux univers poreux

Sur le terrain, l’enquête du journaliste Robin D’Angelo, auditionné par la délégation, a également révélé des liens évidents entre pornographie et prostitution, ainsi qu’il en faisait état devant la délégation le 17 février 2022 : « j’ai recueilli beaucoup de témoignages de femmes en situation de prostitution, à qui un client a proposé de rencontrer une connaissance qui produit du porno. C’est ainsi qu’on passe d’un univers à l’autre. Les producteurs ont pour objectif de toujours recruter de nouvelles femmes pour alimenter en permanence le flux des tubes.

Lorsque des sites web publiaient des annonces de prostitution, ils allaient contacter en masse les femmes qui se prostituaient sur ces sites pour les recruter. La passerelle est évidente. D’ailleurs, beaucoup d’actrices pornographiques ne peuvent pas vivre uniquement de ces tournages et officient en tant que gogo danseuses dans des boîtes de nuit, ou se prostituent à côté. Le “ travail du sexe ” est à 360 degrés. Les liens sont très forts ».

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Sur le même sujet :

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Proxénétisme 2.0 : le business vertigineux des plateformes porno

Dans son rapport choc l’Enfer du décor, le Sénat français donne des chiffres vertigineux sur le business lucratif du porno et fait le lien avec un proxénétisme 2.0. Certaines plateformes ont vu leur fréquentation augmenter de 75 % en 2020, avec un chiffre d’affaires en pleine explosion ! Extraits.

Le bandeau “interdit au -18 ans” est la plupart du temps purement théorique.

Auditionnée le 20 janvier 2022, Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme ! a indiqué aux membres de la délégation du Sénat que « tout un pan de la pornographie et de la prostitution se développe aujourd’hui sur des plateformes alternatives, le proxénétisme 2.0. À l’origine, les consommateurs payaient pour accéder à des comptes de célébrités publiant des contenus “exclusifs”. Ces vidéos font littéralement de la publicité pour la prostitution et la pornographie. Elles incitent les jeunes filles, parfois mineures, à ouvrir un compte. Vous commencez à faire de la “cam” porno, ou des vidéos à caractère sexuel, les proxénètes et clients prostitueurs y recrutent ensuite des mineures ou des jeunes femmes. Un débat a porté sur le fait que ces plateformes deveraient bannir les contenus sexuels, ils ont failli le faire en octobre dernier, mais ils ont fait machine arrière en se rendant compte que leur business model allait s’effondrer s’ils le faisaient. »

Twitter et Instagram servent de filets

Le modèle économique de ces nouvelles plateformes numériques permettant le partage de contenus pornographiques est très différent de celui des “tubes” : les personnes qui détiennent un compte sur ces plateformes peuvent mettre en ligne leurs propres vidéos à caractère sexuel, souvent filmées avec un simple smartphone, et les vendent directement aux consommateurs, soit à l’unité soit via un système d’abonnement. La première plateforme mondiale (dont on taira le nom pour ne pas lui faire de publicité) et qui héberge ces contenus, prélève une commission estimée entre 20 et 50 % des revenus générés par leur diffusion. Ainsi, cette plateforme propose le plus souvent à ses utilisateurs de s’abonner à des profils de « personnalités » afin de leur donner accès à des contenus pornographiques “exclusifs”, pour un tarif pouvant varier de 4,99 à 49,99 dollars par mois en moyenne ! Les producteurs de contenus invitent généralement leurs abonnés à les rejoindre sur cette plateforme depuis d’autres sites ou réseaux sociaux tels que Twitter ou Instagram…

Entre 500 et 1 million de femmes se prostituent sur Internet avec le business du porno

Des enfants aussi vendent des vidéos explicites via les plateformes porno (lire plus bas).

Dans un article daté du 22 mai 2020, publié sur le site capital.fr, intitulé : « Les secrets des GAFA du sexe », le journaliste Jacky Goldberg indique au sujet de ces nouvelles plateformes de partage de contenus personnalisés : « le marché de ces sites, surnommés clipsites ou fansites, est estimé pour l’instant à 0,5 milliard de dollars, mais il ne cesse de croître. (…) les candidates sont chaque jour plus nombreuses. “Il y a dans le monde entre 500 000 et un million de femmes qui vivent de ce business du porno”, calcule un PDG d’hébergeur de porno, c’est colossal ». Le journaliste poursuit en précisant qu’une des utilisatrices de la plateforme lui a révélé que son seul compte sur cette plateforme lui avait rapporté, en 2019, 150 000 dollars une fois retranchés les 20 % de commission et que, pour toucher une telle somme dans le circuit classique de la pornographie, il lui aurait fallu tourner 100 scènes à son tarif habituel de 1 500 dollars.

Lors de la table ronde du 3 février 2022 autour de chercheurs et de juristes sur la production de contenus pornographiques, Béatrice Damian-Gaillard, docteur HDR en sciences de l’information et de la communication, professeure à l’Université Rennes 1, chercheuse à Arènes (laboratoire CNRS), a précisé devant la délégation que « les acteurs et actrices comptent de plus en plus sur les revenus qu’ils tirent, non plus des contrats avec les studios, mais des rémunérations qu’ils ou elles reçoivent sur leurs comptes personnels depuis les plateformes. Les montages juridiques et économiques des structures vont donc aujourd’hui d’acteurs qui sont autoentrepreneurs à des groupes multinationaux. »

Un chiffre d’affaire de 2,5 milliard de dollars et 5 milliards reversés aux créateurs de contenus porno

Fondée au Royaume-Uni en 2016, la première plateforme mondiale de partage de contenus porno, qui visait à l’origine des fans de musique en leur proposant de suivre au plus près leurs artistes préférés, a commencé à attirer les producteurs de contenus à caractère sexuel et pornographique après son rachat en 2018 par le propriétaire d’un site de streaming vidéo pour adultes. Aujourd’hui, la plateforme affirme verser annuellement plus de 5 milliards de dollars à ses 1,5 million à 2 millions de créateurs de contenus dans le monde. Cette plateforme a vu sa fréquentation augmenter de 75 % en 2020, bénéficiant notamment de la crise sanitaire et des confinements successifs à travers le monde. Son audience serait aujourd’hui proche des 200 millions de visiteurs mensuels. En outre, selon des projections publiées en mars 2021 par son propriétaire, la plateforme projetait de passer d’un volume de transactions de 2,2 milliards de dollars en 2020 à près de 6 milliards de dollars en 2021 et 12,5 milliards de dollars en 2022, son chiffre d’affaires devant également être multiplié par cinq pour atteindre 2,5 milliards de dollars en 2022 !

9 millions d’utilisateurs pour la principale plateforme française

Ainsi, des sites construits sur ce modèle avec un fonctionnement similaire basé sur un système d’abonnement pour un accès à du contenu “exclusif” pornographique se multiplient, attirés par les revenus exponentiels générés par ce type d’activités. C’est le cas par exemple d’une célèbre plateforme française proposant également du contenu exclusif à caractère pornographique : créée en 2019, elle a vu son nombre d’utilisateurs plus que doubler en 2020 et en recense à ce jour près de 9 millions, d’après des données publiées par le journal Le Monde au mois de septembre 2022.

Des plateformes qui se multiplient

De nombreuses autres plateformes analogues ont été créés pour faire concurrence à la première plateforme mondiale, qui continue toutefois à dominer le marché de la monétisation de contenus pornographiques sur Internet. Si ces sites exigent d’avoir plus de 18 ans pour être en mesure d’ouvrir un compte et de partager du contenu, il n’est pas rare(!) que des mineurs parviennent à ouvrir un compte et à créer du contenu à caractère pornographique en utilisant une fausse identité ou en usurpant l’identité d’autrui, comme l’a révélé une enquête britannique de la BBC, publiée le 27 mai 2021, intitulée Les enfants qui vendent des vidéos explicites via les plateformes porno.

« La multiplication de ces plateformes pose donc question en matière de protection des mineurs et de lutte contre la prostitution en ligne des mineurs », conclut le rapport sénatorial. Il serait pourtant très simple de mettre fin à ce proxénétisme 2.0 en interdisant l’accès à ces plateformes via les différents fournisseurs d’accès à Internet et principaux les moteurs de recherche, comme le font certains pays sur d’autres sujets.

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Pour aller plus loin :

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Porno : proxénétisme, violences… l’enfer du décor

Le Sénat publie mercredi 28 septembre 2022 un rapport choc de 189 pages sur l’industrie du porno, ayant pour titre “L’enfer du décor” : proxénétisme, pratiques violentes, humiliantes, sans consentement (viols…). Le constat est accablant. 

Aujourd’hui en France, 20 millions de visiteurs uniques visitent chaque mois un site porno. En outre, 80% des mineurs ont déjà vu des contenus pornographiques et, à 12 ans, près d’un enfant sur trois a déjà été exposé à de telles images. Une recherche sur huit sur un ordinateur concerne de la pornographie, et sur smartphone, c’est une recherche sur cinq. (Une véritable addiction qui demande des plateformes comme SOSPorno pour permettre de s’en sortir !).

Dans un contexte où de nombreuses dérives et des pratiques de plus en plus extrêmes, violentes et dégradantes dans le milieu de la pornographie ont été révélées par la presse et dénoncées, ce rapport explosif du Sénat se penche notamment sur le fonctionnement et les pratiques de l’industrie pornographique, les conditions de tournage des actrices et acteurs (proxénétisme), les représentations des femmes et de la sexualité véhiculées ainsi que sur l’accès, de plus en plus précoce, des mineurs aux contenus pornographiques et ses conséquences.

Pendant plus de six mois, la délégation a mené des travaux sur l’industrie pornographique : des dizaines d’heures d’auditions, une analyse des contenus pornographiques disponibles en ligne aujourd’hui, le recueil de données chiffrées, le recours à une étude de législation comparée…

Le porno, machine à broyer les femmes

Les rapporteures présentent le tableau sombre que ces travaux ont permis de dresser : « Le porno est une machine à broyer les femmes »,expliquent les sénateurs, « Ce qu’on a vu, entendu, c’est absolument abject » affirme ainsi une sénatrice à Ouest-France. Elles espèrent alerter le gouvernement et l’opinion publique sur les violences massivement perpétrées et véhiculées par et dans l’industrie pornographique, ainsi que sur les représentations sexistes que promeut aujourd’hui ce business mondial du sexe lié au proxénétisme. Ainsi, pour le Mouvement du Nid, qui s’occupe des personnes prostituées, « le porno, c’est du proxénétisme à l’échelle industrielle ».

L’industrie du porno colonise les cerveaux

« Ce qu’on veut dire, résume une des sénatrices, c’est que l’industrie du porno est toxique dans son mode de fabrication et de consommation. Elle colonise les cerveaux. » Pour les rapporteuses, « on doit prendre conscience que c’est un problème de politique publique, il faut arrêter de détourner les yeux ».

Elles s’alarment tout particulièrement de l’accès facilité, démultiplié et massif des adultes à des contenus pornographiques de plus en plus violents et toxiques, y compris pour les mineurs.

Elles appellent à une prise de conscience sur ces violences systémiques et à mettre un terme au déni et à la complaisance dont bénéficie encore l’industrie du porno.

Pour ces sénatrices, il y a urgence à engager un large débat public sur les pratiques de cette industrie, afin de lutter, sur la base de leurs recommandations, contre les violences du porno et leurs conséquences.

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Pour aller plus loin :

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Le pape aussi t’invite à te libérer de tes addictions

Dans une vidéo, le pape t’a invité à te libérer de tes addictions et à soulager, soigner et guérir les souffrances qui sont liées.

La vidéo du pape François, 4 avril 2020

Ses paroles :

Vous avez sans doute entendu parler du drame de l’addiction. Et… avez-vous pensé aussi à l’addiction au jeu, à la pornographie, à internet…et aux risques de l’espace virtuel ?

Fondés sur l’« Evangile de la Miséricorde », nous pouvons soulager, soigner et guérir les souffrances liées aux nouvelles addictions.

Prions pour que toutes les personnes sous l’emprise d’addictions puissent être bien aidées et accompagnées.

Quelle solution ? Comment s’en sortir ?

Le problème des “nouvelles addictions” a une solution, la libération, mais nous devons en trouver le chemin. Pourquoi pas la prière, puisqu’elle a déjà permis la guérison d’autres personnes ?

Et pourquoi pas cette prière de délivrance que nous vous proposons ici ?

Attention cependant, la prière ce n’est pas “magique” ! Tu peux réellement être guéri(e) par Dieu si tu le demandes avec ton cœur. Mais si ça ne donne rien, il existe encore d’autres moyens de s’en sortir : être accompagné(e) avec un parcours comme Libre pour aimer, ou encore suivre une thérapie pour rompre avec cette addiction.

Il est temps de sortir des addictions qui nous séduisent… et nous détruisent souvent. Jésus a dit : “Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur” (Evangile de Matthieu chapitre 6, verset 21). Si l’on n’adhère qu’aux choses terrestres, on en devient tôt ou tard l’esclave. Mais si notre cœur adhère à ce qui ne passera jamais, nous nous retrouvons et nous serons libres. Il est temps de fixer les yeux sur ce qui perdure !

Et toi, qu’en penses-tu ? Crois-tu qu’on peut devenir esclave du porno ? Viens en discuter avec nous !

Aventure Liberté
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“Aventure liberté”, un parcours de 30 jours à suivre dès le 12 mars !

Une “Aventure Liberté” pour vous aider à comprendre et sortir de votre addiction

Vous vous sentez concernés de près ou de loin par l’addiction à la pornographie ou la masturbation ? Voici un parcours de 30 jours qui commence le 12 mars 2022 !

Chaque jour, vous recevrez :

  • un mail avec un conseil du coach
  • un message d’encouragement
  • une attention particulière à avoir
  • une action concrète à réaliser.

Tanguy LafforgueCe conseil est donné par un professionnel du sujet de l’addiction à la pornographie : Tanguy Lafforgue (lire notre interview).

 

 

 

 

Les personnes qui choisiront de suivre ce parcours sauront qu’un “parrain”* prie pour eux.

Début du parcours : 12 mars 2022

A mi-parcours, il vous sera proposé un Zoom/Youtube avec la mère de Carlo Acutis qui nous parlera de son fils et vous pourrez lui poser vos questions en direct.

Pour vous inscrire au parcours “Aventure liberté” avec SosPorno.net et recevoir un parrain* :

(*) Le parrain recevra uniquement votre prénom. Toutes les autres informations (mail, nom de famille) resteront confidentielles.

Ce parcours est terminé mais si vous souhaitez avoir plus d’informations sur les prochaines sessions du parcours Aventure Liberté, inscrivez-vous à notre newsletter.
Vous pouvez aussi nous envoyer un message via le live chat’.

 

Comprendre son addiction 

 

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Le porno déconstruit la sexualité et la vide de l’intérieur

Le porno s’affiche partout. Banalisé, il impose ses stéréotypes sexuels à de jeunes ou moins jeunes. Pourtant, loin de permettre l’accession à une sexualité variée, la pornographie emprisonne l’individu dans des schémas réducteurs, le privant de la richesse de ses fantasmes.

Comme le précise la philosophe Michela Marzano dans son ouvrage Alice au pays du porno, le terme pornographie signifie selon l’étymologie grecque “un écrit concernant les prostitués”. À partir du XVIIIe siècle, ce mot est utilisé pour indiquer les représentations explicites des organes ou des actes sexuels. Cependant la pornographie va bien au-delà de cette représentation car elle présente l’acte sexuel dans son intégralité en effaçant tout ce qui l’entoure. L’acte sexuel n’y est pas représenté comme le fruit d’une rencontre. “La personne est réduite à son corps et son corps est vécu comme un objet sans intentionnalité”, explique la philosophe. “Il n’est plus qu’une chose interchangeable. Au point que ce n’est plus cette personne que l’on désire mais un corps qu’on veut utiliser afin de jouir.” L’acte sexuel se résume à une performance physique. En caricaturant un certain nombre de comportements sexuels, la pornographie frappe le spectateur en créant en lui une impression forte et durable. Nombre d’adolescents reconnaissent être marqués par les images pornographiques. “Il m’est arrivé de regarder des passages d’un film porno”, confie Gaëlle, 16 ans. “J’ai trouvé cela très violent. J’ai été choquée par certaines images qui m’ont poursuivie longtemps.”

Entre séduction et répulsion

“L’adolescent regarde les images pornographiques comme une anticipation de la sexualité génitale à laquelle il est en train d’accéder et il est porté à leur donner une place excessive”, souligne le psychanalyste Gérard Bonnet dans son ouvrage Défi à la pudeur. “On a visionné une cassette juste pour rigoler”, relate Yannick, 17 ans. “On était en groupe et ça nous a excités.” La pornographie crée chez les jeunes une véritable ambivalence. Ils sont à la fois séduits par ces images, car elles leur procurent des sensations fortes, et bouleversés, parce qu’ils reconnaissent que les scénarios sont violents et fondés sur la domination et la possession. Ils se retrouvent alors dans une impasse, ce qui les amène parfois à séparer totalement l’affectif et le sexuel.

Préserver sa sexualité

Malgré les discours de certains libertaires très “tendance”, la pornographie ne permet pas d’accéder à une sexualité libre et épanouissante. Elle risque même d’appauvrir l’imaginaire sexuel du jeune adolescent. Car la pornographie ne donne pas à voir la sexualité dans sa globalité. Comme l’explique Michela Marzano : “En voulant tout montrer, la pornographie ne fait que déconstruire la sexualité en la vidant de l’intérieur.” La sexualité est une énergie au service de la relation. Elle est faite de mystère, de désir, de peurs et d’attentes mais aussi de manque. Elle sollicite notre personne dans sa totalité car elle est union du corps, du cœur et de l’esprit. Elle fait appel à nos cinq sens mais aussi à notre imaginaire peuplé de fantasmes extraordinaires. Sachons donc la préserver et refusons l’envahissement pornographique que la société nous impose.

Et toi, qu’en penses-tu ? T’arrive-t-il de regarder du porno ? Viens en parler avec nous sur le live chat’ ! (discussion anonyme et gratuite)

Pour aller plus loin :


Source :d’après un article d’Il est vivant! paru en février 2007.

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Bannissons les tabous sur le sexe !

Les tabous sur le sexe ne nous permettent pas d’être totalement attentifs au monde qui nous entoure. Voulons-nous voir ce monde changer au sujet du sexe, de la pornographie et de la masturbation ?

Voici une question à vous poser avant de commencer à lire cet article : Avez-vous déjà eu dans votre placard ou votre commode un objet qui a dépassé sa durée de vie utile, mais que vous refusez de jeter ?

Il s’agit peut-être d’un sous-vêtement un peu trop fin et trop étiré, d’un t-shirt ou d’un pantalon tâché. Il s’agit aussi peut-être d’une paire de vieux chaussons ou baskets ?

Pour moi, c’était un t-shirt de concert Metallica à manches longues, que j’avais acheté à un vendeur ambulant après un concert il y a des années.

J’adorais ce t-shirt, il n’était pas totalement ajusté, était troué. Mais c’était l’une de mes choses préférées à porter à la maison, au grand malheur de ma femme.

Pourquoi ?

Parce qu’il était franchement agréable !

Le malaise !

Il y a 5 ans, cette chemise a mystérieusement disparu. Je pense que ma femme l’a jetée, mais elle prétend que non. Quoi qu’il en soit, quand il s’agit de chemises, de pantalons, de chaussures ou même de sous-vêtements, il n’y a rien de mal à s’accrocher à quelque chose qui apporte un peu plus de confort.

Mais lorsqu’il s’agit d’aborder les sujets du sexe, du porno ou de la masturbation, le confort n’est souvent pas une bonne chose. En fait, c’est souvent le contraire.

  • Nous ne discutons pas du sexe et de la pornographie avec nos enfants suffisamment jeunes parce que cela les met mal à l’aise.
  • Ensuite, nous ne parlons pas à nos amis de nos luttes sexuelles secrètes parce que cela nous met mal à l’aise.
  • Nous n’avons pas de conversations honnêtes avec nos conjoints sur notre vie sexuelle terne parce que, là encore, c’est gênant.
  • Et nous n’abordons pas ces questions à l’église, en dehors d’un petit groupe secret, parce que cela nous mettrait incroyablement mal à l’aise.

Changer ou rester dans le confort ?

L’inconfort n’est pas amusant et donc, plutôt que de déchirer l’emballage de ce tout nouveau t-shirt qui crie “je suis prêt à changer”, nous enfilons à nouveau le vieux t-shirt de concert, évitant ainsi tout scénario gênant et inconfortable.

Mais si nous voulons voir un réel changement dans la façon dont la société et nous tous abordons le sexe, la sexualité et l’intégrité sexuelle, nous devons abandonner le t-shirt de concert et essayer quelque chose de nouveau.

Nous devons ignorer la raideur du moment qui semble abrasive au début, et intégrer ces conversations dans la vie de tous les jours. Nous serons ainsi mieux équipés pour répondre aux questions honnêtes qui parviendront à nos oreilles.

L’alternative à cette démarche ?

Une chose simple : rester à l’aise et coincé dans notre complaisance.

Voici trois raisons simples pour lesquelles vous devriez songer à vous débarrasser de ce manteau confortable que vous avez enveloppé autour des sujets du sexe, de la pornographie et de la masturbation la prochaine fois qu’une occasion de dialogue sain se présentera :

Vous permettez des moments de croissance.
Reconnaissez…

  • Si vous ne donnez pas votre maximum dans la salle de sport, vous ne deviendrez pas plus fort.
  • En ne gérant pas l’inconfort émotionnel, vous n’augmenterez pas votre résilience.
  • Si vous n’agissez pas avec foi, vous ne verrez jamais Dieu agir dans votre vie.

Ce n’est pas facile, et ce n’est pas amusant, mais la croissance ne se produit que lorsqu’il y a des déchirures et des étirements de vos fibres musculaires physiques et/ou métaphoriques.

Se lancer dans les discussions gênantes pour grandir

Et lorsqu’il s’agit de grandir dans une compréhension saine du sexe, de la sexualité et de l’intégrité sexuelle, cela est particulièrement vrai. Vous devez vous lancer dans ces conversations et perdre le besoin de confort pour pouvoir poursuivre pleinement l’honnêteté et la grâce.

Vous ouvrez la voie à une confiance et une connexion accrues.

L’intimité et la connexion ne peuvent exister que là où il y a de la confiance. Et la confiance ne peut exister que lorsqu’il y a un sentiment de sécurité. C’est pourquoi le chat’ sur notre site existe, il est anonyme et un lieu d’écoute sans jugement.

La vérité est que vos enfants, vos amis et même votre conjoint ne se sentiront pas en sécurité à 100 % avec vous s’ils savent que certains sujets sont tout simplement hors limites. Vous ne pouvez pas promettre à quelqu’un un amour total, la grâce et la confiance si vous n’êtes pas prêt à vous salir un peu quand la situation l’exige.

Parents, ceci est particulièrement important pour vous lorsqu’il s’agit de parler de sexe, de pornographie et autres sujets avec vos enfants. Vous savez quelle est la meilleure chose que vous puissiez faire pour les aider en ce qui concerne leur intégrité sexuelle ?

Être le lieu sûr où ils peuvent venir, quel que soit le sujet. Et oui, cela signifie un certain inconfort initial pour vous deux.

Vous montrez votre volonté d’écouter et d’aider au lieu de faire passer le message clair que vous voulez vous en sortir le plus rapidement possible.

Tant qu’existeront des tabous sur le sexe et la pornographie, nous aurons du mal à dire à ceux qui en ont besoin que nous sommes-là pour eux.

Ensemble, apprenons à jeter notre vieux vêtement pour revêtir un vêtement nouveau, prêt à écouter et à aider ceux dans le besoin.

Besoin de parler d’une addiction au porno ? Viens en parler avec nous sur le chat’, en toute confidentialité :

Pour aller plus loin :


Source : d’après un article de xxx-church.com

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Coeur Hackeur – Tanguy Lafforgue

Tanguy-Lafforgue-Coeur-Hackeur.jpgInterview de Tanguy Lafforgue, Coach et thérapeute. Diplômé de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il a exercé comme officier dans l’Armée de terre pendant 10 ans (blindés, troupes de montagne) puis comme responsable de communication dans le monde associatif pendant 9 ans. Depuis plusieurs années, des rencontres et des événements l‘ont sensibilisé à l’addiction à la pornographie et à la problématique de l’accompagnement.  En 2018, il a décidé de se reconvertir pour s’investir dans cette cause.

 

Coeur Hacker est un cabinet qui aide de nombreuses personnes souffrant d’addictions. D’où vient ce nom ? Peux-tu nous en dire plus ?

Dès le début de l’aventure, j’ai voulu mettre le « cœur » en bonne place dans le nom et le logo de mon cabinet. Ce mot évoque à la fois l’aspiration de toute personne à aimer et être aimé, les conséquences de l’addiction sur l’affectivité, et l’exigence de s’engager avec toute sa personne pour reprendre le contrôle de soi. 

Le terme « hackeur » rappelle qu’une addiction est toujours un moyen de détourner le plaisir pour contourner une difficulté, pour anesthésier un malaise émotionnel. Mais il véhicule aussi un message positif : avec de la motivation, on peut « pirater » son addiction, mettre un grain de sable dans la machine addictive devenue incontrôlable et arrêter les comportements compulsifs. Comme je l’ai écrit sur la page d’accueil de mon site, « il est possible se reprogrammer » car le cerveau est incroyablement plastique. À condition de travailler !

Enfin, l’association ludique des deux mots a plusieurs significations : elle fait penser au « corps-à-corps », c’est-à-dire la lutte improductive contre soi-même souvent observée dans une addiction. Le « cœur-à-cœur », à l’inverse, invite à cesser ce combat interne fratricide pour mieux se retrouver soi-même, s’unifier, prendre soin de sa personne. Il dit aussi quelque chose du compagnonnage fraternel que j’ai à cœur de faire vivre à mes accompagnés. 

Quel a été l’élément déclencheur de ta reconversion ?

Une reconversion radicale comme la mienne, à 41 ans, trouve forcément ses origines assez loin. Elle s’inscrit dans un parcours cohérent et vient concrétiser des aspirations anciennes mais jusque-là non conscientisées : faire des rencontres, accompagner les autres dans le non-jugement et le respect de leur liberté, révéler le meilleur de chacun, faire une œuvre utile pour la société sans se mettre sur le devant de la scène. 

Je peux partager ici deux des principaux déclencheurs de cette reconversion. 

À partir de 2017, j’ai parrainé plusieurs jeunes qui suivaient le parcours « Libre pour aimer ». Ce livre destiné à des personnes voulant faire une démarche pour sortir de la pornographie encourage à se choisir un parrain. Pour remplir sa mission, la personne choisie n’a pas besoin d’être « compétente » : son rôle est d’abord d’écouter et encourager. J’ai tenu trois fois ce rôle de parrain dans le cadre d’une aumônerie étudiante à Aix-en-Provence. Cela a été un véritable déclic. Ma vocation d’accompagnement s’est cristallisée à ce moment-là. Assez passif avec le premier étudiant, je me suis ensuite approprié le contenu du parcours et j’ai basculé instinctivement en mode « coach » avec les deux autres. 

Ce sont aussi mes convictions et mes valeurs personnelles qui m’ont poussé dans cette direction. J’ai foi en l’homme, l’espérance m’habite. Je crois à la dignité de toute vie, de toute personne. Je suis convaincu que l’homme et la femme sont complémentaires, que la sexualité a pour fonction de renforcer la communion entre des personnes engagées dans des relations respectueuses et responsables. 

Les personnes que j’accompagne sont issues d’horizons très différents. J’accueille chacune d’elle de manière inconditionnelle, je respecte sa situation et ses valeurs, et je l’aide à atteindre ses objectifs de reprise de contrôle. 

Pour finir, voici les quatre grandes intuitions qui m’ont guidé en 2019 quand je me suis lancé :

  • Il y a besoin de davantage d’hommes dans les métiers d’accompagnement !  Par exemple, la plupart des personnes engagées dans le conseil conjugal sont des femmes. 
  • La visioconférence est compatible avec l’accompagnement (la crise du Covid l’a confirmé…). Je crois même que la distance facilite la demande d’aide chez certaines personnes. 
  • Je ne manquerai pas de boulot tant les besoins sont gigantesques… Malheureusement, cette intuition se vérifie tous les jours. 
  • Enfin, en me spécialisant d’emblée dans l’addiction à la pornographie, et donc en me faisant connaître comme tel, je transmets un double message aux personnes concernées : vos souffrances sont réelles, elles correspondent à une vraie pathologie, donc vous pouvez mettre des mots sur ce que vous vivez ; il est possible de se faire aider et d’en sortir : ne restez pas seules !  

Tu as écrit un livre : Délivré ! peux-tu nous en parler ?

Méthode pour arrêter la pornographie

« Délivré ! » est une proposition d’auto-accompagnement. Ce livre est destiné aux personnes de plus de 16 ans qui veulent reprendre le contrôle d’un comportement compulsif lié à la sexualité. La consommation de pornographie, associée en général à la masturbation compulsive, n’est – de loin – pas la seule pratique concernée. Elle est « l’arbre » qui cache une vaste forêt. En effet, il existe en réalité une grande variété de comportements sexuels, virtuels ou avec des personnes réelles : tchat, webcam, sites et applis de rencontres, histoires érotiques. Sans oublier des pratiques telles que le recours à la prostitution (on parle des « escorts », c’est moins sordide…) ou aux salons de massage. 

Délivré ! invite à une démarche d’unification et de croissance en travaillant sur toutes les dimensions de la personne : mentale (ou cognitive), émotionnelle, corporelle, comportementale et enfin spirituelle (le spirituel étant le sens que chaque personne, croyante ou non, veut donner à sa vie). Le livre déploie une méthode structurée, cohérente et progressive, que je qualifierais aussi de « globale » puisqu’elle intègre ces différentes dimensions de la personne. 

L’un des intérêts du livre est de permettre un travail de fond sur soi grâce à un assemblage d’outils et de techniques qui fonctionnent. De plus, je m’appuie sur mon expérience de thérapeute : le contenu du livre n’est pas « hors-sol », je présente des exemples et témoignages recueillis « sur le terrain ». 

Enfin, je crois qu’une des originalités du livre provient du ton employé : dédramatisant, déculpabilisant, bienveillant, encourageant – et en même temps exigeant. C’est capital ! En effet, les personnes touchées par une addiction sexuelle sont prisonnières de la honte et de la culpabilité, elles manquent de confiance en elles et de foi en leur avenir. Il faut donc les aider à retrouver un cap et reprendre contact avec leurs ressources personnelles. J’utilise volontiers l’humour et je m’adresse également au lecteur en le tutoyant (c’est un tu fraternel, pas un tu familier et démagogue). Dans mes accompagnements, j’essaie de faire vivre un véritable compagnonnage à mes patients – que j’appelle d’ailleurs mes « accompagnés ». Je souhaitais retrouver cette dimension fraternelle dans mon livre. J’espère y être parvenu !

Une petite remarque pour finir : ce qui est frappant dans ce livre, c’est qu’on peut remplacer le terme « pornographie » par « téléphone portable », « réseaux sociaux », « jeux vidéo », « séries » ou « grignotage » : dans ces domaines, les outils proposés peuvent aussi aider. Les comportements compulsifs ont des mécanismes similaires, et chacun de nous a ses petites addictions sur lesquelles il peut travailler…

Qu’est ce qui t’as poussé à écrire ce livre ?

Tout simplement, c’est le désir de rejoindre les personnes qui souffrent en secret, de leur apporter de l’espoir, de les aider à se libérer de la honte et de la culpabilité. 

Aujourd’hui, on constate que dans le domaine des addictions sexuelles les besoins thérapeutiques sont énormes (et ça ne va pas s’arranger, malheureusement) mais les offres d’accompagnement et les compétences réelles sont au contraire encore trop peu nombreuses. 

Les visiteurs de SOS Porno.net savent sans doute quelque chose des souffrances liées à une addiction sexuelle : de la honte, de la honte, toujours de la honte. Sans oublier ce mauvais sentiment de culpabilité, la sensation de ne plus contrôler ni sa vie ni sa propre personne, et beaucoup d’autres désagréments… 

C’est enfin une raison très personnelle qui m’a poussé dans l’aventure de l’écriture… À travers ce livre, je me suis lancé un défi. S’il y avait bien une chose que je me croyais incapable de faire un jour dans ma vie, c’était écrire un livre. Pour me mettre en situation d’échec, il me suffisait de me fixer cet objectif. J’étais en effet tiraillé depuis longtemps par des croyances contradictoires qui m’inhibaient : d’un côté, « tu ne sais pas écrire et tu n’as rien d’intéressant à dire » ; et de l’autre, « pour être quelqu’un de bien, tu dois savoir écrire, tu dois devenir un grand écrivain ». Il faut savoir que je partage une ascendance commune avec Victor Hugo (son grand-père est l’un de mes aïeux…). Du coup, depuis tout petit, je me croyais obligé de devenir un grand écrivain pour être quelqu’un de valable… C’est lourd à porter. Il m’a donc fallu faire un énorme travail pour écrire ce livre : technique bien sûr, mais aussi mental. Pour relever le défi, j’ai testé sur moi certains conseils que je donne dans le livre : entretenir sa motivation, faire le tir dans ses pensées, soigner son hygiène de vie, développer la patience et la persévérance, etc. 

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En quoi une thérapie peut aider à sortir de cette addiction ?

On peut sortir d’une addiction sans thérapie mais une thérapie est bénéfique – voire indispensable à un moment – pour une personne qui a été addicte. En effet, basculer dans une addiction vient toujours révéler des vulnérabilités et des limites. Le comportement compulsif est la manifestation d’une partie de soi blessée, immature, tyrannique. Ce faux-moi envahissant prend de temps en temps le contrôle, dans des situations trop difficiles à gérer sur le plan émotionnel. Dit autrement, une addiction est l’histoire d’une rencontre entre un malaise et un plaisir. Le cerveau associe les deux et finit par avoir besoin systématiquement du second pour anesthésier le premier, pour fuir au lieu d’affronter le problème. 

Par conséquent, un travail psychologique de fond est nécessaire. Souvent, il y a chez les personnes addictes une profonde blessure de l’estime de soi, un déficit d’identité. Les sentiments de honte, de culpabilité et d’illégitimité prennent trop de place. On constate aussi toujours un manque de confiance en soi et d’estime de soi. Pour reprendre le contrôle, il est donc nécessaire de travailler sur ces différents aspects, tout en développant la motivation. 

Découvrir la thérapie que propose Tanguy

Peut-on vraiment en suivant ces 10 étapes, arrêter la pornographie ?

Je veux souligner d’abord que la méthode proposée dans Délivré n’est pas une recette miracle ! Il ne « suffit » pas de l’appliquer à la lettre pour s’en sortir. Je suis très vigilant vis-à-vis des excès du développement personnel associées à ceux du marketing. C’est un très mauvais cocktail : promesses à gogo, slogans ronflants, satisfaction garantie, grandes incantations, etc. Ces techniques bien rodées sont borderline sur le plan éthique quand on les utilise dans un contexte de souffrances psychologiques. Comment peut-on faire des promesses quand on parle d’addiction ?! Le message parfois véhiculé est le suivant : si tu fais exactement ce que je te dis, ça marchera, mais si ça ne marche pas, alors c’est ta faute ! À la clé, on retrouve souvent les émotions dont on cherche à se débarrasser : culpabilité, déception, désillusion. Il est nécessaire de rappeler aussi que le changement s’inscrit toujours dans le temps long : on travaille à l’échelle du mois, de l’année… de la vie ! Comme je le dis en introduction de mon livre, « gens pressés, passez votre chemin… ». 

Des difficultés à reprendre complètement le contrôle de son addiction peuvent subsister malgré une implication sérieuse dans la méthode : ce n’est pas honteux ! Cela peut signifier qu’il est temps de se tourner vers un professionnel compétent. Nous ne fonctionnons pas tous de la même façon : certaines personnes ont davantage besoin que d’autres d’être épaulées, de recevoir un regard complémentaire pour prendre de la hauteur. Une aide extérieure sera de toute façon bénéfique car elle permet de sortir de la toute-puissance enfantine, d’arrêter de tourner en rond en ayant comme seul référent la partie de soi addictive.

Une des conditions pour s’en sortir enfin est de renforcer sa motivation. Les personnes prisonnières d’une addiction ne manquent pas de volonté, mais… toujours de motivation. La motivation constitue le premier ingrédient du changement. L’une des dix étapes du livre est d’ailleurs consacrée à cette question. Une addiction constitue un dérèglement de la motivation. L’enjeu consiste donc à rééduquer son circuit de la récompense : celui-ci a pris la mauvaise habitude de consommer des plaisirs faciles et non mérités et de se détourner d’activités moins attirantes mais plus bénéfiques…

Aurais-tu un conseil à donner à ceux qui souhaitent sortir de ces comportements compulsifs liés à la sexualité ?


Dans mon livre, on trouve
toute une série de petites démarches à envisager pour enclencher une dynamique de libération. Exemples : 

  • Reconnaître la réalité de la perte de contrôle : oui, mon comportement compulsif est un moyen de fuir mais il ne règle pas mes difficultés. 
  • Accepter l’idée qu’une partie de soi, blessée et immature, entraîne parfois dans des comportements non désirés : je renonce à éradiquer cette partie de moi, je me convaincs plutôt qu’il est possible de prendre soin d’elle sans la laisser me diriger. 
  • Recenser toutes les conséquences négatives de l’addiction : je prends conscience que j’aurai davantage de bénéfices à arrêter qu’à continuer. 
  • Sortir de l’isolement mortifère en parlant à une personne de confiance : prendre la parole va me permettre de commencer à me libérer. 
  • Se demander : quelle personne ai-je envie d’être dans deux ans ? 
  • Enfin, se répéter qu’il ne faut pas attendre d’être prêt et capable pour se jeter à l’eau : c’est le saut dans l’inconnu, la prise de risques qui vont me rendre prêt. En osant, je vais me prouver à moi-même que je suis capable. 

Et enfin le conseil bonus : à partir du moment où la décision d’arrêter est effective, il est capital de ne plus tomber dans le piège de la dramatisation après chaque accident compulsif. Les dérapages font en effet partie intégrante du processus de sevrage. On ne perd pas une mauvaise habitude « comme ça », du jour au lendemain : le changement est forcément long et progressif ! C’est tout à fait normal qu’il y ait des envies et des accidents. Savez-vous quel est le point commun des personnes qui ont réussi à s’en sortir ? Elles se sont relevées après chaque accident… jusqu’à finir par ne plus tomber. Comme un enfant qui apprend à marcher, finalement ! Nous resterions tous à quatre pattes toute notre vie si nous baissions les bras à la première chute pendant l’apprentissage de la marche ! Il faut remplacer la dramatisation (s’enfermer dans la colère, la honte, la culpabilité, la tristesse, etc.) par le débriefing responsable et la réparation : pourquoi suis-je tombé cette fois, quelle mesure corrective puis-je prendre ? Un accident n’est pas un échec si on en tire une leçon. Débriefer transforme un dérapage en une expérience utile ! On peut remplacer la fausse promesse qui suit la glissade (« je ne recommencerai jamais ») par une initiative concrète pour améliorer sa stratégie. C’est tout le sens de l’un des protocoles d’urgence que je présente dans mon livre : le PRADO (« protocole pour repartir après un dérapage olé olé »).

Tanguy Lafforgue, Coach et thérapeute

www.coeur-hackeur.fr

 

 

Pour lire plus :

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Le cocktail sexuel de ton cerveau

Dans cet article, nous vous proposons de comprendre ce qu’il se passe dans notre cerveau. Découvrons ensemble le cocktail sexuel de notre cerveau.

Les substances neurochimiques à l’origine du sexe

L’expérience habituelle n’est qu’une partie de l’équation de l’apprentissage. Après tout, les gens font l’expérience d’une variété d’activités qui ne restent jamais. En fait, vous faites probablement certaines choses encore et encore dans le but d’apprendre quelque chose de nouveau et vous êtes incroyablement frustré de ne pas y arriver, par le manque de progrès. 

Alors pourquoi le porno a-t-il un tel impact ? Pourquoi de nombreux thérapeutes, psychologues et neuroscientifiques insistent sur le fait qu’il crée une dépendance ? En bref, cela a beaucoup à voir avec le terme thérapeutique “attachement”. Les thérapeutes et les neurologues utilisent ce terme pour décrire comment le cerveau se lie neurochimiquement et se souvient de la façon de réagir à un stimulus.

Ce n’est pas tant la stimulation [l’image, la vidéo, l’expérience,etc.], c’est ce qui est fait avec la stimulation“, a déclaré Weiss. “L’excitation initiale de la nouveauté est présente, mais elle ne constitue pas une menace tant qu’elle n’est pas liée à l’expérience sexuelle [par la masturbation].

L’attachement à la pornographie peut être très fort car la masturbation et l’orgasme produisent un feu d’artifice d’éléments neurochimiques et la répétition construit des voies neuronales permettant la mise en place de  modèles de comportement.Les épisodes sont encore renforcés avec d’autres sentiments, dont la peur de se faire prendre, le secret et la nouveauté. Cette explosion chimique et hormonale amène l’apprentissage à un tout autre niveau. Les gens se souviennent souvent de leur premier orgasme, y compris où ils étaient et comment cela s’est passé, même si cette expérience a eu lieu il y a plusieurs dizaines d’années. Pourtant, ils ne se souviennent probablement pas beaucoup d’autres souvenirs de ce jour-là, sauf si c’était le jour de leur mariage ; ou que les événements aient été traumatisants.

Cette chimie du cerveau joue un rôle majeur dans la création de voies neuronales qui établissent les schémas de comportement et les déclencheurs qui incitent une personne à adopter un comportement spécifique. Pour mieux comprendre comment ces substances chimiques permettent l’apprentissage sexuel, voici la liste de base et les rôles qu’elles jouent.

Dopamine – super-héros !

La dopamine est l’un des super-héros du cerveau car elle possède de nombreux pouvoirs.

Si quelqu’un pouvait siphonner votre dopamine, ce serait pire que d’être assis dans une chambre forte de Kryptonite. Même Superman ne ferait pas grand chose. Il ne pourrait même pas manger ou boire. La dopamine concentre votre attention sur n’importe quelle tâche à portée de main et vous motive à aller de l’avant.

Elle active ou renforce les récompenses des circuits qui vous font vous sentir bien, et elle joue également un rôle majeur dans la mémoire. Elle nous aide à nous rappeler ce qui est important dans notre environnement, et à se souvenir de la réponse appropriée face à un stimulus, selon le Dr Williams Struthers, bioneurologue.

La dopamine “alimente la tension et l’envie de satisfaire un besoin“, écrit-il dans Wired for Intimacy : How Pornography Hijacks the Male Brain. C’est la raison pour laquelle la dopamine est libérée en réponse à toutes les drogues de dépendance, et joue un rôle dans de nombreux troubles affectant la motivation et l’attention, tels que les troubles obsessionnels compulsifs et les addictions comportementales.

Essentiellement, la dopamine aide le cerveau à se rappeler ce qui est intéressant et comment y répondre. Elle concentre l’esprit sur une tâche spécifique tout en ignorant les autres préoccupations, en disant : “Hé, fais ceci maintenant !” Elle fournit une récompense neurologique qui fait du bien, et aide à avoir envie d’une plus grande activité.

Sans aucun doute, la dopamine est soit un super-héros, soit un super-ennemi, selon qu’une activité affecte une personne positivement ou négativement.

Testostérone – l’hormone de l’excitation et du désir sexuels

Souvent citée comme l’hormone masculine (bien que les femmes en aient en quantité moindre), la testostérone augmente de façon spectaculaire l’excitation et le désir sexuels, écrit Mark Kastleman dans The Drug of the Nouveau millénaire : The Brain Science Behind Internet Porn Use. Il s’agit d’une hormone qui est libérée chez les hommes tout au long de la journée ; mais lorsque des signaux sexuels sont captés par le cerveau, les testicules augmentent leur production.

C’est pourquoi la castration est utilisée pour supprimer la pulsion sexuelle chez les eunuques et les délinquants sexuels, explique Struthers.

La pornographie (et l’imagination fantaisie mentale qu’elle permet) fabrique un cerveau qui génère constamment de la testostérone et augmente le désir sexuel. Avec ce désir sexuel omniprésent, le cerveau est prêt à interpréter n’importe quel signal (externe ou interne) et augmenter l’importance du  besoin perçu d’une activité sexuelle. Il est intéressant de noter que les hommes ayant un fort sentiment d’engagement envers leur épouse ont tendance à avoir des niveaux de testostérone plus faibles. C’est peut-être une raison pour laquelle ces hommes sont moins susceptibles de commettre l’adultère. 

La testostérone étant lente à se dissiper, les hommes qui regardent régulièrement de la pornographie provoquent leur propre déséquilibre chimique. Ce niveau élevé de testostérone augmente leur conscience sexuelle bien au-delà de la normale. Les objets du quotidien suscitent des fantasmes sexuels et même les femmes habillées modestement sont considérées comme provocantes.

Norepinephrine – hormone de la vigilance

La norépinéphrine est un neurotransmetteur souvent associé au stress et à une situation de combat / fuite, nous aidant à être plus vigilants. Elle agit également comme une hormone pour l’excitation et la mémoire sexuelle, et elle nous aide à graver les expériences émotionnelles dans notre esprit. Qu’il s’agisse d’une merveilleuse expérience sexuelle avec notre épouse ou une image sexuelle provocante, l’information est stockée avec un accès facile à l’aide de la norépinéphrine.

Ocytocine – hormone du lien affectif

L’ocytocine est souvent appelée l’hormone du lien affectif, et elle est libérée en grande quantité lorsque les mères et les pères tiennent leur nouveau-né dans leurs bras. On l’appelle souvent l’hormone du câlin parce que le taux d’ocytocine augmente lorsqu’un couple se blottit, se tient la main ou exprime d’autres formes d’intimité. L’ocytocine est l’une des raisons pour lesquelles un baiser est si puissant.

Elle joue également un rôle important dans l’attachement sexuel au partenaire et déclenche les contractions pendant l’orgasme masculin. Dans ses séminaires, le Dr Todd Bowman du Lifeline Counseling Center encourage les couples mariés à avoir des rapports sexuels en face à face, avec un maximum de contact avec la peau, afin de libérer au maximum cette substance chimique qui crée le lien.

L’ocytocine étant également libérée lors de l’orgasme, elle peut avoir un impact négatif pour l’utilisateur de porno. Au lieu de se lier à un partenaire réel, le cerveau du spectateur de porno se lie à l’image, à la vidéo ou à la situation, surtout lorsque l’activité est renforcée.

Vasopressine – sentiment d’attachement et de liberté

Travaillant de concert avec l’ocytocine, la vasopressine favorise également les sentiments d’attachement et est libérée lentement pendant l’activité sexuelle et au moment de l’orgasme. Comme pour l’ocytocine, la libération de la vasopressine pendant le visionnage de porno et la masturbation contribue à renforcer l’attachement d’une personne à ce comportement.

Opiacés endogènes – soulagement de douleur

L’être humain a été conçu pour vivre une expérience sexuelle extraordinaire. Le corps produit des opiacés naturels où opiacés endogènes qui, pendant l’orgasme, soulagent la douleur et procurent un sentiment de transcendance et d’euphorie. Pensez à l’opium, produit naturellement par le corps.

Sérotonine – calme et bien-être

La sérotonine est libérée après l’orgasme et apporte des sentiments de calme, de bien-être et de satisfaction. Des niveaux élevés de sérotonine diminuent la motivation sexuelle. Ces facteurs expliquent pourquoi les hommes sont souvent accusés d’être d’être prêts à faire une sieste après le sexe. 

Un récapitulatif chimique

Bien sûr, il y a plus en jeu que cette liste neurochimique de base, mais elle fournit un point de départ pour comprendre comment les gens perçoivent les signaux sexuels, permettant à ces signaux d’attirer notre attention, ce qui nous permet d’agir.

Lorsqu’un homme voit sa compagne ou de la pornographie et qu’il est stimulé sexuellement, y compris par l’imagination, son excitation est accrue et ses pensées sont focalisées par la dopamine, la testostérone, et la norépinéphrine. Si le sexe ou l’auto-sexualité est recherché, ces substances chimiques focalisent encore plus l’attention de son cerveau et restreignent ses pensées sur l’expérience sexuelle. Ces substances chimiques et d’autres sont également actives chez les femmes pendant l’excitation ; de plus, les perceptions, les sentiments, les longs souvenirs, et les choix cognitifs jouent un rôle majeur.

Pendant les rapports sexuels ou la masturbation, les gens ont la version sexuelle de la vision en tunnel, car beaucoup de ces produits chimiques initiaux sont combinés avec la libération lente d’ocytocine et de vasopressine. Les inquiétudes et les préoccupations s’évanouissent souvent et l’esprit se concentre sur la détente sexuelle.  Les contractions de l’orgasme sont liées à la libération par le cerveau d’opiacés endogènes. De même, ces opiacés et dopamine désactivent les parties du cerveau responsables de l’anxiété, ajoutant l’euphorie à l’élimination de la peur.

Bien sûr, votre crâne est plus qu’une baignoire chimique. Toutes ces hormones et neurotransmetteurs interagissent en fait avec le cerveau physique et ses connexions neuronales. Le chapitre suivant explorera comment le cerveau forme sa compulsion et sa dépendance à la la pornographie. 

Pour aller plus loin :

 

 


Source : Porn Circuit – Covenant Eyes – traduit de l’anglais au français par Lights in the Dark