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Aux Etats-Unis, l’accès restreint aux sites pornos porte du fruit

Aux Etats-Unis, certains Etats ne tergiversent plus avec les sites pornos et l’addiction qu’elle engendre chez les enfants mineurs, en plus de leur donner une vision très faussée de la sexualité.

Comme le rapporte le quotidien Le Monde, plusieurs Etats américains ont mis en place des mesures contraignantes et restrictives, au point de bloquer les principaux sites pornos du groupe MindGeek, un des leaders de l’industrie pornographique dans le monde.

Si l’on en croit les données de Google, dans l’Etat américain de l’Utah, les recherches pour ces plateformes pornographiques controversées, responsable de l’addiction au porno de nombreux citoyens américains, se sont subitement effondrées. Pourtant, les recherches concernant le terme « porn » ont explosé, tout comme les recherches concernant les VPN (Virtual Private Network, réseau privé virtuel) qui permettent de surfer sur le Web en empruntant une autre connexion, le plus souvent étrangère.

En effet, depuis le 2 mai, le site leader de l’industrie pornographique, ainsi que les principaux sites détenus par MindGeek sont bloqués dans l’Utah. Une fermeture annoncée comme volontaire et décidée par MindGeek, en réaction à l’entrée en vigueur dans cet Etat de la loi baptisée « SB 287 ». Ce texte, qui vise à protéger les mineurs,oblige les sites dont plus d’un tiers des contenus hébergés sont pornographiques à mettre en place des « méthodes de vérification d’âge raisonnables ».

Ainsi, la loi vient dire très clairement à l’industrie pornographique qu’elle ne peut plus se contenter de demander aux internautes de déclarer sur l’honneur qu’ils ont plus de 18 ans, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Une question posée aux internautes très controversée et pour le moins hypocrite, puisqu’il suffit de répondre “oui”, sans aucune autre vérification, ce qui permet aux mineurs de visiter ces plateformes, occasionnant jusqu’à 18% du trafic et donc du chiffre d’affaires.

Cette loi SB 287 est proche dans sa philosophie de celle adoptée en 2020 en France, et qui devait aboutir le 7 juillet à une importante décision du tribunal de Paris : l’Arcom, le régulateur français d’Internet, avait demandé à la justice de bloquer six importants sites pornographiques auxquels elle reproche, à juste raison, d’insuffisamment filtrer leur accès aux mineurs et surtout, de ne pas mettre en œuvre la loi. Mais le 7 juillet, le tribunal judiciaire de Paris a reporté sa décision, déclarant attendre celle du Conseil d’Etat concernant l’attaque des décrets de cette loi… par les dites plateformes.

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Pour aller plus loin :

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Blocage des sites pornos aux mineurs : le tribunal reporte sa décision

Blocage des sites pornos aux mineurs : le tribunal judiciaire de Paris reporte sa décision !

Nouveau sursis en France pour cinq des plus importantes plateformes de distribution de contenus pornographiques. Le tribunal judiciaire de Paris a différé sa décision dans l’attente de l’examen par le Conseil d’Etat des recours contre le décret qui impose une vérification de l’âge des visiteurs. Ainsi un efficace blocage des sites pornos aux mineurs n’est pas encore effectif, et l’accès à ces plateformes maintenu pour le grand public.

La demande de blocage, qui vise également d’autres plateformes moins connues, avait été lancée en 2021 par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ce qui était une première en France.

Le tribunal judiciaire de Paris a préféré différer sa décision dans l’attente de l’examen par le Conseil d’Etat des recours de ces plateformes contre le décret d’application qui précise les moyens d’action de l’Arcom pour les sanctionner lorsqu’elles n’empêchent pas dans les faits les mineurs d’accéder à des sites pornos.

Selon le journal Le Monde et l’AFP, cette non-décision, dite « sursis à statuer » doit notamment permettre d’établir si l’absence de précisions dans le décret sur les modalités techniques permettant d’empêcher l’accès des mineurs aux sites pornographiques respecte « le principe de sécurité juridique » des entreprises, et si les systèmes envisagés par le régulateur sont conformes à la réglementation sur les données personnelles, justifie le tribunal dans sa décision.

Prenant acte de la décision du tribunal, l’Arcom a estimé, dans un communiqué, qu’il y avait « consensus sur la nécessité d’agir rapidement pour protéger les mineurs », tout en rappelant qu’elle « continuera d’œuvrer au respect par les éditeurs de sites pour adultes de leurs obligations légales ».

30% des mineurs se rendent (chaque mois) sur un site porno

Chaque mois, 30% des mineurs se rendent sur un site porno, ce qui présente 2,3 millions d’enfants, et jusqu’à 18% du trafic de ces plateformes, et donc d’une partie non-négligeable leur chiffre d’affaires.

Depuis la loi de juillet 2020, les plateformes de porno ne peuvent s’exonérer de leurs responsabilités avec une simple déclaration de majorité. « Mais rien ne s’est passé comme prévu, précise le journal Le Monde, entre ratés de procédure de l’autorité administrative et manœuvres dilatoires menées par les sites visés, le tout sous le regard impassible des opérateurs de télécoms chargés de mettre en œuvre un éventuel blocage. » 

Plus tôt dans la semaine, le ministre chargé de la transition numérique, Jean-Noël Barrot, avait vu son projet de loi de sécurisation de l’espace numérique adopté au Sénat. Ce projet contient une mesure permettant de donner le pouvoir aux autorités de bloquer et déréférencer les sites qui ne proposeraient pas de vérification assez solide et opérationnelle de l’âge effectif des utilisateurs. Ainsi l’Arcom, autorité de régulation de médias et d’Internet (ex-CSA) pourrait se passer du juge et solliciter directement les fournisseurs d’accès à Internet pour obtenir le blocage des sites pornos aux mineurs.

Ce matin, le ministre avait déclaré sur RMC : « Le tribunal va rendre son verdict, je souhaite qu’il soit exemplaire [et] qu’il bloque ces cinq sites, pour que, désormais, les sites pornographiques vérifient l’âge de leurs visiteurs.

Reprenant les chiffres de l’enquête de l’Arcom sur l’accès facile du porno par les mineurs, le ministre a déploré : « Deux millions d’enfants sont exposés chaque mois à des contenus pornographiques, et des enfants parmi les plus jeunes ». Toujours selon cette enquête, « à 12 ans, la moitié des petits garçons dans notre pays sont exposés chaque mois à ces contenus », ce qui constitue « un scandale de santé publique ». Réagissant à la décision du tribunal, le ministre délégué de la transition numérique a d’ailleurs rappelé vendredi après-midi qu’avec « le projet de loi numérique, l’Arcom pourra ordonner, en quelques semaines seulement, le blocage des sites qui ne respectent pas la loi ».

Des projets similaires aux Etats-Unis et au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni tente lui aussi de mieux filtrer l’accès aux sites pornographiques, avec un projet de loi sur la sécurité en ligne, en discussion au Parlement. En mai, comme l’avait apporté The Guardian, son Commissaire à l’enfance, Rachel de Souza, avait estimé dans un rapport basé sur les chiffres de la police anglaise, que 50 % des agressions sexuelles sont dues à l’addiction au porno. Elle réclame depuis des mesures plus « robustes » pour protéger les enfants.

Aux Etats-Unis, les Etats de la Louisiane et de l’Utah ont intégré dans la loi une vérification de l’âge des internautes. Mais les projets de mise en place d’une vérification de l’âge des internautes semble aussi se heurter à la question de la protection des données personnelles, ce qui a longtemps fait le jeu des plateformes de porno.

Un système de « double anonymat » en cours de test

En France, au moins trois sociétés expérimentent, sur des sites d’un des principaux groupes industriels du porno, des solutions reposant sur le principe du « double anonymat », censé être garant de la vie privée des consommateurs de site pornos. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), gardienne des données personnelles, s’est déclarée favorable à des solutions transitoires, comme la validation de l’âge par la carte de paiement ou l’analyse des traits du visage.

Ce sont des « solutions imparfaites mais suffisantes » pour éviter « l’exposition massive et parfois involontaire de nos enfants à ces contenus », a commenté M. Barrot, rapporte encore Le Monde. Mais « nous aurons besoin de solutions peut-être plus fiables, plus protectrices des données personnelles », a-t-il reconnu, assurant avoir « encouragé des entreprises françaises à se lancer dans le domaine de la vérification d’âge sur Internet ».

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Hausse des crimes sexuels liés au porno : les Espagnols inquiets

En Espagne, les autorités s’inquiètent de la hausse des crimes sexuels commis par des mineurs guidés par la porno, nous rapportent aujourd’hui L’Obs avec l’Afp. Comme au Royaume-Uni, où la Commissaire à l’Enfance a estimé en mai dernier que 50% des agressions sexuelles sont dues à l’addiction à la pornographie.

Autorités et associations dénoncent l’impact de l’accès de plus en plus jeune au porno

En 2023, rapportent donc L’Obs et l’AFP, deux viols de fillettes, âgées de 13 et 11 ans, commis à chaque fois par des mineurs ont suscité l’indignation. En Espagne, la hausse récente de violences sexuelles commises par des mineurs inquiète autorités et associations, qui dénoncent l’impact de l’accès de plus en plus jeune à la pornographie. « Depuis quelques années », on « assiste à une augmentation progressive », à défaut d’être « spectaculaire », du « nombre de crimes sexuels commis par des mineurs », souligne Eduardo Esteban, procureur chargé de coordonner la politique pénale envers les mineurs dans ce pays. Cette hausse, « légèrement plus marquée l’an dernier » que les années précédentes, selon le magistrat, a fini par placer ce problème sous le feu des projecteurs en raison de plusieurs affaires relayées ces derniers mois.

En France, l’explosion de l’accès des mineurs à la pornographie a fait fin mai l’objet d’un rapport de l’ARCOM, autorité chargé de réguler les médias  et Internet (ex-CSA).

Des fillettes de 11 et 13 ans violées par d’autres mineurs

Parmi les victimes, le viol présumé fin 2022 par un groupe de mineurs d’une fillette de 11 ans dans les toilettes d’un centre commercial de la région de Barcelone. Parmi les accusés, seuls deux avaient plus de 14 ans, âge minimum pour être inculpé en Espagne, et un seul a été admis temporairement dans un centre pour mineurs.

En juin 2023, un cas similaire a été signalé dans la même région, la Catalogne, où le nombre de mineurs de moins de 14 ans impliqués dans des délits ou crimes sexuels a doublé entre 2015 et 2022, passant de 53 à 103, et où 12,3 % des personnes arrêtées entre janvier et avril 2023 dans de telles affaires étaient des mineurs, selon l’exécutif régional et la police.

Autre signe de la préoccupation des autorités espagnoles, le Défenseur du peuple, équivalent espagnol du Défenseur des droits en France, a ouvert début juin une enquête sur l’agression sexuelle présumée d’une jeune fille de 13 ans par deux élèves de son collège madrilène.

L’accès incontrôlé au porno de plus en plus d’enfants pointé du doigt

Ces affaires ont suscité l’indignation dans le pays, où la lutte contre les violences sexuelles est une cause nationale. En pleine campagne électorale pour les législatives du 23 juillet, l’extrême droite n’a, elle, pas tardé à réclamer un abaissement de l’âge de responsabilité pénale. Mais selon des experts comme Carmela del Moral, de l’ONG Save the Children, « il n’y a pas de solution miracle, comme abaisser l’âge de la responsabilité pénale et envoyer tout le monde en prison », pour enrayer cette hausse.

L’accès incontrôlé de plus en plus d’enfants à la pornographie est, selon les spécialistes, l’un des principaux facteurs de passage à l’acte. « Les jeunes, les enfants, se tournent de plus en plus tôt vers ces contenus », dont ils se servent comme de « tutoriels », « comme lorsqu’on va sur YouTube voir comment réparer un pneu de vélo crevé », explique le procureur Esteban.

En France, ce vendredi, est justement attendu une décision du tribunal judiciaire de Paris sur le blocage de cinq plateformes pornographiques d’envergure auxquelles l’ARCOM reproche de ne pas respecter l’obligation légale de mise en place d’outils permettant d’en interdire l’accès aux mineurs, qui sont de plus en nombreux à les consulter.

Près de 20 % des enfants de 9 ans ont déjà regardé du porno

Selon Lluís Ballester, professeur à l’université des îles Baléares, l’âge du premier contact avec ces contenus diminue progressivement : actuellement, 15 à 20 % des enfants espagnols de 8 à 9 ans assurent ainsi avoir déjà été confrontés à la pornographie en ligne.

En France, 30% des mineurs se rendent chaque mois sur un site porno.

Une étude menée en 2020 par Save The Children montrait que près de sept adolescents sur dix consommaient fréquemment de la pornographie et que plus de la moitié d’entre eux s’en inspiraient dans leurs expériences sexuelles.

Or, cette pornographie est souvent « violente, avec des femmes soumises, qui ne contredisent ni ne contrarient jamais le désir masculin, qui acceptent n’importe quelle pratique, même si elle est folle », insiste Lluís Ballester. De plus, le porno normalise les agressions en groupe, souvent filmées, avertit Carmela Del Moral.
Les jeunes “apprennent la sexualité à travers la pornographie et c’est comme s’ils apprenaient à conduire en regardant “Fast and Furious”.”

Contrôle inefficace

Si l’accès aux contenus pornographiques est en théorie interdit aux moins de 18 ans, le contrôle fait en général défaut, amenant le procureur Esteban à appeler de ses vœux un « contrôle parental […] avec la coopération des réseaux sociaux » et des plateformes.

Cet accès sans contrôle réel préoccupe dans de nombreux pays, comme en France, où le gouvernement a annoncé en mai qu’il voulait parvenir avant la fin de l’année à une vérification d’âge effective sur les sites pornos.

Face à cet impact du porno, les experts s’accordent aussi sur la nécessité de renforcer l’éducation sexuelle des adolescents. « Les mesures adoptées avec les mineurs ont leur effet et il y a très peu de récidives », insiste le procureur Esteban. Mais « avec une éducation sexuelle plus adéquate, il y aurait beaucoup moins de délits ».

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74% des Français d’accord pour restreindre le porno aux mineurs

Selon ce sondage Ifop pour 01net, 74% des Français sont d’accord avec les mesures instaurées pour restreindre l’accès du porno aux mineurs.

Le tribunal judiciaire de Paris va rendre ce vendredi sa décision sur le blocage de cinq sites pornographiques auxquels l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, ex-CSA) reproche de ne pas respecter l’obligation légale de mise en place d’outils permettant d’en interdire l’accès aux mineurs, qui sont de plus en nombreux à les consulter.

A cette occasion, le magazine de l’informatique 01net a commandé un sondage à l’IFOP auprès plus de 2 000 Français sur leur rapport actuel à la pornographie.

Si tous adhèrent majoritairement aux mesures qui permettraient de restreindre la possibilité aux mineurs de visionner des contenus pornographiques et sont même prêts pour un nombre non négligeable de clients à s’y soumettre, ils doutent fortement de leur efficacité.

La pornographie, un apprentissage biaisé de la sexualité

Pourtant, comme le confirme ce sondage, il s’agit là d’un enjeu d’importance : exposés de plus en plus tôt aux images pornographiques, les jeunes y font un apprentissage biaisé de la sexualité, conjuguant reproduction de pratiques à risques et de comparaisons anatomiques, source de complexe, mais aussi à des problèmes de santé.

De plus, notre plateforme SOSporno, qui vient en aide aux personnes accros au porno, est bien placée pour savoir que cette consommation entraîne une addiction dont il est difficile de se sortir sans l’aide de professionnels et qui peut durer parfois plusieurs dizaines années, en commençant souvent à l’adolescence.

74% des Français favorables à un double système d’authentification

La perspective de restreindre l’accès des sites pornographiques aux mineurs via un double système d’authentification est largement approuvée par les Français. Les trois quarts d’entre eux (74%) y sont favorables. Moins consommatrices de ce type de contenus, plus protectrices à l’égard de leurs enfants, les femmes sont plus nombreuses (79%) que les hommes (68%) à adhérer à la mise en place d’une telle mesure. Plus réservés que celles et ceux qui n’en regardent pas, les consommateurs de pornographie acquiescent également majoritairement (63%) à cette volonté.

…mais dubitatifs sur l’efficacité d’un tel contrôle

S’ils sont favorables à un meilleur contrôle de l’accès aux sites pornographiques, les Français sont toutefois dubitatifs sur son efficacité. Plus de 8 sur 10 (81%) pensent en effet que les jeunes trouveront les moyens de contourner le nouveau système, et près de 2 sur 3 (62%) estiment qu’il sera impossible à appliquer techniquement. Cependant, à SOSporno nous penons qu’un système unique avec paiement par carte bancaire à un euro symbolique serait très efficace.

Par ailleurs, 78% craignent que les plus jeunes soient incités à visiter des plateformes moins réglementées et diffusant potentiellement des contenus plus choquants. Ce qui étonnant, car les contenus de ces plateformes sont déjà très avilissantes et souvent sources de violences pour les femmes, comme pour les hommes.

Une courte majorité des répondants (52%) voit dans cette mesure une atteinte à la vie privée. Un sentiment que les hommes partagent plus largement que les femmes (61% contre 44%). Enfin, près d’1 Français sur 2 (47%) redoute une recrudescence d’agressions sexuelles de la part d’amateurs de pornographie éventuellement privés de photos et vidéos. Ce qui là aussi est étonnant : le porno produit déjà viols et traite des êtres humains.

Interrogées plus spécifiquement par l’IFOP, les personnes ayant déjà visionné un film X au cours de leur vie sont 18% à dire qu’elles pourraient certainement s’engager dans une procédure exigeant un certificat de majorité afin de continuer à se rendre sur des plateformes porno. Une perspective partagée par 21% des femmes et 16% des hommes. C’est sans surprise chez celles et ceux qui visionnent quotidiennement des contenus pornographiques que l’on retrouve le plus de répondants (43%) certains de souscrire à l’obligation de prouver qu’ils sont majeurs.

Et un sur quatre prêt à renoncer aux sites porno

Point positif, la mise en œuvre d’un système contraignant de contrôle d’accès rebuterait un nombre non négligeable des personnes s’étant déjà rendues sur un site pornographique : 27% d’entre elles indiquent en effet qu’elles préféreraient s’abstenir d’en consulter à l’avenir. Parmi elles, les femmes (41%) sont beaucoup plus nombreuses que les hommes (19%) à dire qu’elles renonceraient dans cette hypothèse.

D’autres envisagent différentes de manières de continuer à consulter des sites X sans pour autant souscrire à un processus d’authentification. Ainsi, 21% chercheraient un site ne disposant pas de ce mode de contrôle, 11% contourneraient le système via un VPN ou un changement de DNS, ce qui n’est pourtant pas possible avec un paiement à un euro symbolique la visite, tel que SOSporno le préconise. Près d’1 utilisateur sur 10 n’hésiterait pas à usurper l’identité d’une personne majeure, qu’elle fasse partie de ses connaissances (9%) ou en se procurant ses données sur le net (idem).

Le point de vue de François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’IFOP

« Il aura fallu attendre une quinzaine d’années depuis l’apparition des premiers sites pornographiques en ligne pour que les pouvoirs publics s’attellent réellement à en interdire l’accès aux mineurs.

Notre étude montre que les politiques de restriction envisagées rencontrent un assentiment massif dans la population, y compris chez les amateurs de pornographie qui consultent régulièrement ce type de plateformes. Si des écarts logiques existent selon les tranches d’âges, on ne constate pas de réelle dissonance dans l’approbation à la mise en œuvre de ce système.

Face au renforcement du contrôle de l’âge, ceux qui fréquentent les sites X seront amenés à adopter des stratégies différentes. Un cinquième environ, composé notamment des amateurs quotidiens, des jeunes et des catégories modestes, semble enclin à se plier aux nouvelles règles afin de continuer à visionner leurs contenus de manière légale. À l’inverse, un tiers tentera de contourner l’authentification par divers moyens. Enfin, et c’est loin d’être négligeable, un quart, notamment les femmes, cessera de consulter les sites en question.

Si la volonté d’imposer une telle politique restrictive n’est pas un vœu pieux, elle est annonciatrice d’une révolution chez les clients de pornographie – et donc pour les sites eux-mêmes – dans les années à venir. Révolution déjà à l’œuvre chez jeunes hommes notamment qui s’orientent aujourd’hui vers des formes de consommation plus interactives via des sites de webcam ou des plateformes de réseaux sociaux dédiée à la consommation de pornographie ».

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Les Français et la pudeur : 74% des Français se déclarent pudiques

Un sondage Ifop “les Français et la pudeur” de 2019 rapportait que 74% des Français se déclarent pudiques.

Tout d’abord, les Français se disent assez satisfaits de leur physique, en se donnant pour eux-mêmes la note moyenne de 6,6/10, à 49%, ce qui montre que la pudeur n’est pas une question de honte. Les hommes se disent légèrement plus satisfaits de leur physique que les femmes, avec une note moyenne de 6,9/10 contre 6,4/10 pour les femmes.

Par ailleurs, les Français âgés de 35 ans et plus valorisent davantage leur corps que les plus jeunes (6,7/10 contre 6,4/10).

Ensuite, 56% pratiquent une activité physique au moins une fois par semaine, ce qui donne un bon aperçu de la manière dont les Français prennent soin de leur corps et de leur santé (taux qui pourrait être largement amélioré, mais les addictions comme celle du porno n’y aident pas).

Les Français les plus satisfaits de leur physique se situent dans le Grand Est (7,1) et en Bretagne (7,0) – on reconnaît ici la fierté légendaire des Bretons.

Les 3/4 des Français se disent pudiques

Autre enseignement de ce sondage sur les Français et la pudeur, 74% des Français se déclarent pudiques, dont 17% très pudiques. En revanche, 52% des Français satisfaits de leur corps ne sont pas pudiques – certains d’entre eux peuvent donc aimer exhiber leur corps. Dit autrement, 1/4 des Français ne sont pas pudique, il y a donc toute une pédagogie de la pudeur à leur transmettre.

A noter, les femmes sont plus pudiques que les hommes (81% contre 66%) – peut-être parce que les hommes sont plus sensibles à la nudité que les femmes ? En revanche, les Français très satisfaits sur le plan physique sont moins pudiques (62%) que les personnes non satisfaites.

A propos de la nudité

87 % des Français disent apparaître nus devant leur partenaire, seulement 63% dorment nus et 35% sont déjà apparus nus devant d’autres personnes dans un vestiaire. Les Français dorment davantage nus lorsqu’ils se caractérisent de non-pudiques (83%) contre 55% chez les pudiques, de même pour ceux qui se montrent plus facilement nus dans les vestiaires (65% contre 24%).

La confrontation au regard des autres, pression permanente mais positive dans le cadre du couple

Durant les douze derniers mois, un Français sur deux (48%) déclare avoir fait l’objet de regards insistants. 34% ont reçu des regards curieux, 32% des regards désireux, 22% des regards gênants et enfin 19% ont subi des regards avec moquerie.

Les regards insistants portés sur les jeunes de 18 à 24 ans ont eu un effet sur le regard que ceux-ci portent à leur corps. Au sein du couple, le regard porté par le conjoint est à 86% dit rassurant, il fait accepter ses défauts à 73% et fait se sentir beau/belle à 73%. Cependant, pour 21%, le regard que porte le conjoint fait percevoir les défauts physiques et pour 10% des personnes le regard est dévalorisant (13% chez les femmes contre 8% chez les hommes).

Ainsi, on peut en conclure les couples appréhendent mieux la nudité de l’autre.

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50% des agressions sexuelles sont dues à l’addiction au porno

50% des agressions sexuelles perpétrées par des mineurs sont dues à l’addiction au porno, a estimé en mai la Commissaire à l’enfance de Grande-Bretagne, qui réclame des mesures plus « robustes » pour protéger les enfants. Selon ses chiffres, les jeunes commencent à être addict au porno dès 13 ans et 1/10e des jeunes de 16 à 21 ans tombent dans cette addiction dès 9 ans.

« Je pense que nous avons plus que jamais des arguments en faveur de la mise en place des protections les plus solides pour les enfants en ligne. Aucun enfant ne devrait pouvoir accéder ou regarder de la pornographie », a martelé la Commissaire à l’enfance du Royaume-Uni, Rachel de Souza, selon The Guardian.

Selon son rapport, qui s’est penché sur 379 transcriptions d’interrogatoires policiers dans des dossiers d’agressions sexuelles impliquant seulement des mineurs, environ 50% d’entre eux référaient à des actes sexuels violents vus précédemment sur des sites porno.

Parmi tous les dossiers qui concernent ces mineurs, de nombreux cas d’agressions physiques, comme des actes de strangulation, d’étouffement ou encore des claques, ont été répertoriés. Plusieurs d’entre elles étaient aussi accompagnées d’injures.

Des mineurs très accros au porno

Dans plusieurs dossiers, l’agresseur aurait par ailleurs reconnu avoir un rapport malsain ou excessif à la pornographie, l’un d’entre eux ayant même confié avoir été « vraiment très accro au porno ».

Dans d’autres cas, l’abuseur a fait référence à des actes pervers qu’il avait vus sur des plateformes, selon ce que la victime aurait décrit aux policiers, ou encore qu’elle sentait avoir été traitée comme « une pornstar ».

En moyenne, les jeunes impliqués dans ces agressions sexuelles sont tombés dans la pornographie dès l’âge de 13 ans. Pire encore, un dixième des jeunes de 16 à 21 ans ont commencé dès l’âge de 9 ans, selon les données rapportées par The Guardian.

La Commissaire anglaise à l’enfance a aussi estimé qu’il faudrait « inverser la tendance des méfaits de la pornographie aux enfants », en proposant des mesures « robustes », comme des vérifications d’âge obligatoire et des lois en conséquence, ainsi que des amendes salées pour les plateformes porno contrevenantes.

Une autre méthode serait une première identification avec paiement 0€ par carte bancaire, comme on sait le faire dans d’autres domaines. Par ailleurs, ces chiffres soulignent l’importance d’une prévention à mener auprès des jeunes dans les écoles, avec les associations compétentes luttant contre le développement de cette addiction.

En France en 2022, un rapport sénatorial, suivi d’un rapport de l’académie de médecine, puis d’une enquête de l’Arcom ont levé le voile sur l’extrême danger que présente la pornographie pour la jeunesse comme dans la vie adulte.

 

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Pour aller plus loin :

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Accès des mineurs à la pornographie : +36% en 5 ans

L’Arcom dévoile les derniers chiffres de Médiamétrie qui témoignent d’une inquiétante augmentation du nombre de mineurs exposés à la pornographie : +36% en 5 ans. C’est phénomène massif qui s’aggrave d’année en année, détaille cette étude consultable en ligne.

Ainsi, chaque mois :

  • 2,3 millions de mineurs fréquentent des sites pornos, un chiffre en croissance rapide ces dernières années.
  • 30% des mineurs se rendent (chaque mois) sur un site pour adultes (contre 37% pour les adultes) et 9% quotidiennement
  • 51% des garçons de 12-13 ans se rend sur ces sites, 65% pour les 16 et 17 ans
  • en moyenne 12% de l’audience des sites adultes est réalisée par les mineurs (17% sur certains sites)
  • quotidiennement, près d’un mineur sur dix se rend sur les sites à destination des adultes
  • 75% des mineurs qui fréquentent des sites pornographiques le font exclusivement sur leur smartphone (55% pour les adultes)

Chaque mois en 2022, plus d’un tiers des internautes s’est rendu sur des sites ‘adultes’. La proportion est à peine plus faible chez les mineurs. Chaque jour, ces sites sont fréquentés par 10% des internautes, quel que soit l’âge.

La part des mineurs fréquentant des sites ‘adultes’ a progressé de +9 points en 5 ans :  de 19% fin 2017 à 28% fin 2022 et la fréquentation moyenne quotidienne des mineurs est également en hausse.

Une explosion de l’exposition des mineurs à la pornographie

Le nombre de mineurs visitant des sites adultes chaque mois a augmenté de +36% en 5 ans (+ 600 000). Le nombre d’adultes est en revanche assez stable. Les visiteurs de sites porno dit aussi “sites adultes” y passent en moyenne 1h45 par mois avec une durée de consultation qui varie fortement selon l’âge.

  • Les sites à destination des adultes concernent plus de 19 millions d’internautes chaque mois, soit 36% des internautes.
  • Les visiteurs de ces sites y passent en moyenne 1h45 par mois, une durée portée à près de 2h pour les majeurs, mais en revanche inférieure à une heure pour les mineurs (50 mns)
  • L’âge et le sexe sont des déterminants forts de la consommation de pornographie : plus de la moitié des garçons de 1217 ans s’y rendent 
  • Dès 12 ans, les garçons qui visitent des sites adultes y passent une heure par mois en moyenne, et 36 minutes par mois dès l’âge de 10 ans !
  • Tout âge confondu, chaque mois en moyenne, les hommes sont 2,5 fois plus nombreux (53%  vs 20%) et passent sur les sites adultes trois fois plus de temps que les femmes (2h12 par mois vs 43 minutes).
  • Le temps passé sur les sites adultes est particulièrement concentré sur quelques sites pour les mineurs : les 5 premiers sites captent 59% du temps passé sur les sites adultes (vs 43% chez les majeurs). Le premier d’entre eux, qui connaît une envolée des visiteurs mineurs depuis 2017, rassemble 1,4 million de mineurs chaque mois, soit 18% des visiteurs. Pour plusieurs sites, les mineurs représentent plus de 10% de l’audience.

L’Arcom est engagée dans cette bataille

Conformément à la loi du 30 juillet 2020 visant à protéger des violences conjugales, l’Arcom est chargée de  faire respecter l’interdiction de l’accès des mineurs aux sites pornographiques. L’Arcom a ainsi mis en demeure dix sites pornographiques de mettre en œuvre des mesures concrètes afin d’empêcher l’accès des mineurs à  leurs contenus. Une décision du tribunal administratif de Paris est d’ailleurs attendue le vendredi 7 juillet à ce sujet.

De son côté, le Sénat a publié en septembre 2022 un rapport d’information sur l’industrie du porno, au nom de la délégation aux droits des femmes, dévoilant l’enfer du décor mais aussi la responsabilité des réseaux sociaux, et incluant des recommandations pour lutter contre les violences pornographiques et leurs conséquences.

Enfin, l’académie de médecin a également pointé les nombreux dangers du porno le 24 janvier 2023, tandis qu’en Grande-Bretagne, un rapport de police indique que 50% des agressions sexuelles sont dues à l’addiction au porno.

A ce sujet, lire aussi :

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SOSpornoLaCroix
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SOSporno dans La Croix

Le quotidien catholique La Croix parle de SOSporno le 27 février : extrait.

Gwenaëlle n’a que 12 ans lorsqu’elle découvre des images pornographiques pour la première fois. Elle
devient rapidement « addict ». « Un après-midi, en regardant des vidéos, j’ai eu envie d’aller regarder de
la pornographie, raconte cette jeune femme d’une vingtaine d’années sur le site chrétien SOS Porno. Et à
ce moment-là, j’ai senti une puissance qui venait du ciel et j’ai crié “non !” J’ai su que j’étais délivrée. ».

SOS Porno propose ainsi des dizaines de témoignages de personnes qui sont sorties de cette addiction
grâce à la foi et milite activement contre la pornographie. Elle fait partie des nombreuses structures
chrétiennes, en particulier catholiques, comme le réseau des Associations familiales catholiques (AFC),
Alliance Vita ou encore Lights in the dark – qui a créé le site SOS Porno –, mobilisées depuis longtemps
contre la pornographie.

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Lire nos autres témoignages :

Aventure-liberte-2023
Actus

Sortir du porno : nouveau parcours Aventure liberté, dès le 11 mars !

Après une première édition à laquelle ont participé plus de 270 personnes accros au porno et 400 parrains, voici une nouvelle édition du parcours Aventure Liberté pour sortir du porno !

Une “Aventure Liberté” pour t’aider à comprendre et sortir de ton addiction

Tu te sens concerné(e) de près ou de loin par l’addiction à la pornographie ou la masturbation ?  Voici un parcours de 30 jours qui commence le 11 mars 2023 !

Chaque jour, reçois :

  • un mail avec un conseil du coach
  • un message d’encouragement
  • une attention particulière à avoir
  • une action concrète à réaliser.

Tanguy LafforgueCe conseil est donné par un professionnel du sujet de l’addiction à la pornographie : Tanguy Lafforgue (lire notre interview).

Tu recevras après ton inscription le prénom d’un “parrain” qui prie pour toi et qui suit un parcours spécifique ayant commencé au début du Carême avec la mère du bienheureux Carlo Acutis. A mi-parcours, il te sera proposé un Zoom/Youtube avec elle : elle nous parlera de son fils et à qui tu pourras poser, si tu le souhaites, tes questions en direct.

 

 

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Pour t’inscrire au parcours “Aventure liberté” avec SosPorno.net et recevoir un parrain* :

Si tu veux devenir parrain et offrir ton Carême 2023 pour une personne addicte qui suit le parcours, l’inscription est ici.

Pour aller plus loin :

Des questions sur ce parcours Aventure liberté ? Viens en parler avec nous sur le chat’ ! (écoute anonyme et gratuite) :

(*) Le parrain recevra uniquement votre prénom. Toutes les autres informations (mail, nom de famille) resteront confidentielles.

 

Comprendre son addiction 

porno-Academienationaledemedecine
Actus

L’Académie de médecine pointe les nombreux dangers du porno

Dans un rapport rendu public le 24 janvier 2023, l’Académie de médecine pointe du doigts les nombreux dangers du porno. Notre synthèse.

La libération de la sexualité et l’accès à la pornographie sont des phénomènes désormais anciens qui ont débuté dans les années 1970-1980. Mais c’est l’avènement des nouveaux médias et leur généralisation, spécialement Internet, qui ont rendu la pornographie accessible partout, facilement et par tous, y compris par les enfants. Alertée par les Associations familiales catholiques (AFC), la Haute Autorité en Santé a demandé à l’Académie nationale de médecine de travailler sur le sujet.

Un travail qui fait écho au rapport sénatorial de septembre 2022 sur la pornographie, dont nous avions longuement parlé ici.

Ainsi, dans son rapport, l’Académie de médecine développe une réflexion sur trois axes :

  1. l’ampleur du phénomène chez l’enfant et l’adolescent, en particulier en France ;
  2. les effets et les conséquences que cette exposition précoce à la pornographie peut avoir sur les enfants et les adolescents, en particulier sur leur sexualité future en termes d’attentes, de comportements ou de dynamiques relationnelles ;
  3. les mesures que la société devrait mettre en place pour pallier les conséquences de ces phénomènes et, protéger les enfants. (« C’est désormais la pornographie qui vient aux jeunes, et non une démarche volontaire » affirme le rapport : on peut se demander pourquoi rien n’est fait – ce qui serait possible techniquement – pour bloquer ces sites Internet.)

Nous avons souhaité résumer pour vous ce rapport en 7 points saillants :

  1. Le porno met parfois en image des pratiques violentes, douloureuses, humiliantes voire zoophiles
  2. Le porno touche d’abord les garçons
  3. Le porno influence la sexualité des futurs adultes
  4. Il existe un lien entre le porno et la violence dans notre société
  5. Les enfants peuvent « être changés » par la pornographie
  6. Le porno engendre une soumission de la femme
  7. Des pratiques nouvelles et comportements problématiques : sexting/sextos/sextape… sexchem (drogues), conduites addictives, exploitation sexuelle des mineur(e)s.

1.Le porno met parfois en image des pratiques violentes, douloureuses, humiliantes voire zoophiles

Il arrive régulièrement que des acteurs porno ou producteurs de porno soient mis en examen pour viols en réunion.

Dans son introduction, l’Académie de médecine précise que la pornographie a toujours existé et qu’elle est devenue une affaire d’argent : « Depuis les années 70 et la libération sexuelle, elle fait partie de notre société. Il est difficile d’affirmer si elle est plus violente ou extrême aujourd’hui. Néanmoins sa diffusion plus grande et plus facile inquiète (…). En effet, depuis l’avènement de la vidéo dans les années 1980 et encore plus dans les années 2000 avec internet et les nouveaux médias, on peut considérer que la pornographie est partout et surtout accessible même par des enfants en quelques clics. Les photos ou films pornographiques sont très facilement disponibles, même quand ils mettent en image des pratiques violentes, douloureuses, humiliantes voire zoophiles. Certaines, non moins accessibles, décrivent des viols. Le porno est devenu plus une affaire d’argent que de sexualité puisqu’il représente 25% du trafic web de vidéos dans le monde. » 

La première partie du rapport concerne « l’ampleur du phénomène chez l’enfant et l’adolescent, en particulier en France, et l’appréciation des évolutions récentes et préoccupantes qui peuvent émerger ». La seconde question analyse « les conséquences d’un accès ou d’une exposition précoce à la pornographie sur la sexualité future en termes d’attentes, de comportements ou de dynamique relationnelle ».

De plus, l’Académie de médecine fait le lien entre porno et comportements déviants : « Plus spécifiquement, la question se pose de savoir s’il existe une relation de cause à effet directe avec certaines problématiques de l’adolescent et du jeune adulte ayant trait à la sexualité et aux comportements déviants ».

En ce qui concerne l’âge, précise le rapport, cela commence très tôt : « les quelques études qui ont exploré les enfants d’âge pré-pubère (âgés de 1011 ans) montrent que l’accès volontaire à la pornographie est limité à 2 à 5 % chez les garçons et 1 % chez les filles » (à SOSporno.net, nous constatons souvent des débuts vers 12 ans). Néanmoins, ajoute l’étude, « la prévalence de l’exposition comme de l’accès augmente rapidement avec l’âge pour atteindre un plateau en dernière année de lycée ».

« Les données les plus importantes sont issues d’un sondage Ipsos réalisé en février 2017 pour l’Observatoire de la Parentalité et de l’Education Numérique sur un échantillon représentatif de 1005 adolescents et adolescentes âgés de 15 à 17 ans ». 

2. Le porno touche d’abord les garçons

Selon l’Académie de médecine, beaucoup de jeunes jugent avoir été exposées trop jeunes.

Sans surprise, les garçons sont également plus gros consommateurs avec 10 % de consommateurs réguliers (une fois par semaine). «  Parmi les garçons, on retrouve les différences d’exposition à la pornographie  : 26% des adolescents homosexuels interrogés et 25% des bisexuels (contre 9% des hétérosexuels); 25% des adolescents scolarisés en ZEP, contre 10% en zone non prioritaire; 23% des étudiants (contre 14% des collégiens et 9% des lycéens); 20% des adolescents ayant déjà eu un rapport sexuel (contre 7% de ceux n’en ayant jamais eu). La moitié des adolescents interrogés (53% des garçons et 52% des filles) a été exposée involontairement à la pornographie ».

« L’âge moyen du 1er visionnage est  de 13.9 ans chez les adolescents (les plus jeunes interrogés âgés de 15 ans), contre 14.7 ans chez ceux âgés de 17 ans, plus tôt à 13.6 ans chez les adolescents musulmans (contre 14.1 et 14.7 ans chez les athées et les catholiques respectivement); plus tôt à 13.6 ans et 13.8 ans chez les adolescents homosexuels et bisexuels respectivement (contre 14.4 ans chez les hétérosexuels) ».

Les circonstances du premier visionnage tel que les adolescents les déclarent dans l’enquête, « sont seul le plus souvent pour 64% des garçons et 47% des filles; ou en groupe avec un ou des ami(s) pour 31% des garçons et 36% des filles; avec le petit copain ou la petite copine pour 3% des garçons et 13% des filles; avec un membre de l’entourage familial (cousin, frère, sœur…) pour 1% des garçons et 4% des filles ».

Le rapport précise que plus de la moitié des jeunes (53% des garçons et 59% des filles) jugent avoir été trop jeunes lors de leur premier visionnage ; notons que 100% des jeunes filles non scolarisées, 100% des jeunes filles musulmanes, et 93% des adolescentes scolarisées en zone prioritaire jugent avoir été exposées trop jeunes.

L’addiction au porno s’installe souvent très tôt. Selon l’Académie de médecine, l’usage de drogues peut l’accompagner…

3. Le porno influence la sexualité des futurs adultes

La proportion d’adolescents pour qui l’exposition et l’accès à la pornographie ont participé à leur apprentissage de la sexualité « est très significative », souligne le rapport : « 48% des garçons (dont 10% considère l’influence importante) et 37% des filles (dont 3% considère l’influence importante) ». Cette proportion, précise l’Académie de médecine, « est plus importante chez les plus jeunes, chez ceux ayant déjà eu un rapport sexuel (55% chez les garçons et 44% chez les filles) ou chez ceux qui se sont déjà masturbés, chez les adolescents homosexuels ou bisexuels, chez les plus jeunes (collégiens), chez les adolescents scolarisés en zone prioritaire (73% contre 46%), et chez les musulmans (73% contre 48% chez les catholiques ou les sans religion) ».

4. Il existe un lien entre le porno et la violence dans notre société

« En parallèle de la simplification d’accès à la pornographie, on constate une exposition médiatique constante aux contenus violents et une régulation de la violence à partir de points de vue ou prises de position toujours plus polarisés », affirme également l’Académie de médecine. « Ces deux phénomènes ont aussi un impact sur les enfants et adolescents. Dès lors, il est difficile de faire un lien direct entre violence contemporaine et accès à la pornographie. Reste que dans des contextes de pratiques spécifiques (protection de l’enfance, victimologie, droit des victimes, enquête sur cas de viol ou d’abus sexuel intrafamilial…), sont parfois rapportées des violences accompagnées d’une consommation de contenus pornographiques par les auteurs seuls ou en compagnie des victimes ».

5. Les enfants peuvent « être changés » par la pornographie

« Près de 80% des jeunes interrogés pensent que les films pornographiques sont une caricature de la normalité des corps et des comportements », affirme l’Académie de médecine. « Néanmoins, les enfants et les adolescents peuvent tout autant apprendre de qu’être changés par la pornographie. Par ailleurs, la plupart des experts soulignent que la sexualité associée à la consommation de pornographie est déconnectée le plus souvent de tout sentiment affectif. »

6. Le porno engendre une soumission de la femme

Le porno, un esclavage ? Il y a bien soumission de la femme et pratiques à risques… selon l’Académie de médecine.

Le porno véhicule une vision de la femme comme objet sexuel, selon l’Académie de médecine :  « La pornographie dans son immense majorité promeut de forts stéréotypes de genre contribuant à montrer la femme comme un objet sexuel, croyance fréquente chez les garçons consommateurs. De manière générale, la pornographie contribue à une vision du monde moins progressiste en termes d’égalité de genre : l’homme y est volontiers dominant,la femme soumise. »

Enfin, notons que « les jeunes consommant régulièrement des médias pornographiques sont plus souvent susceptibles de déclarer avoir plusieurs partenaires, pratiquer du “sexe anal” ou consommer de l’alcool et des drogues. Ainsi, il semble que l’exposition et l’accès à la pornographie soient associés à des attitudes irréalistes au sujet de la sexualité (par exemple en termes de performances); à une sexualité plus permissive (par exemple en facilitant la pratique de la fellation ou de la sodomie); à une plus grande acceptation de la sexualité occasionnelle (avec ses retombées dommageables en termes de prévention des maladies sexuellement transmissibles et de recours à l’intervention volontaire de grossesse); et à une certaine maladresse dans les relations intimes à l’autre ».

7. Des pratiques nouvelles et comportements problématiques

La dernière partie du rapport évoque les pratiques nouvelles et comportements problématiques que sont le sexting (envoi de photos/vidéos de soi nu ou de tiers à d’autres personnes, c’est à dire sextape, sextos, etc.),  « les conduites addictives à la pornographie », ou encore le “chemsex” (usage de substances psychoactives avec du porno) et qui vont jusqu’à l’exploitation sexuelle des mineurs.

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